Faux sang et gélatine : quatre films d’horreur de série B pour soirée pluvieuse

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À l’heure où j’écris ces lignes, il ne cesse de pleuvoir sur le joli mois de mai. La météo m’a ainsi conduite à m’installer au chaud sur mon canapé devant de merveilleuses séries B d’horreur. Florilège.

Le chef-d’œuvre : Maniac (William Lustig – 1980)

Apprécier les séries B horrifiques, c’est quelque part se laisser aller aux nanars assumés et en apprécier la saveur. Or, avec Maniac, on découvre bien plus qu’un déluge de faux sang et de surenchère gore. Pionnier du psycho killer movie, Maniac retrace l’itinéraire d’un sociopathe dans toute sa folie meurtrière. Son originalité réside en l’absence d’autre point de vue que celui du tueur de femmes, incarné avec brio par le regretté Joe Spinell, éternel second couteau, vu notamment dans Rocky et Le Parrain. Un parti-pris qui prend irrémédiablement le spectateur à la gorge.

Durant tout le film, nous avons la sensation d’être pris en otage par le dérangé Frank Zito. Lequel ne nous laisse que peu d’espace pour respirer, entre ses délires hallucinatoires, ses monologues avec lui-même et ses meurtres incroyablement inspirés. En effet, le metteur en scène William Lustig, maître en la matière, déchaîne sa créativité meurtrière à l’écran, épaulé par le non moins mythique Tom Savini aux effets spéciaux. Et si certaines scènes ont malencontreusement mal vieilli, certaines préservent un réalisme étrange et dérangeant. Amateurs de scalpation en plan subjectif, Maniac n’attend plus que vous.

La série B assumée : L’attaque des donuts tueurs (Scott Wheeler – 2017)

N’avez-vous jamais rêvé de voir des donuts démoniaques dévorer des êtres humains pendant une heure trente ? Moi, si. Et Scott Wheeler a réalisé ce fantasme en 2017. Le cinéma bis aura fait pousser des dents monstrueuses à tant de caractères improbables qu’il faudrait une vie entière pour les énumérer. Des tomates tueuses, en passant par les lapins maléfiques, et même le vagin dentu, il y en a pour tous les goûts. Et L’attaque des donuts tueurs s’inscrit dans ce lourd héritage, sans aucune prétention aucune, sinon celle de procurer un maximum de fun à son spectateur, pour peu qu’il veuille bien se prêter au jeu.

Car oui, le scénario creuse plus bas que le ras des pâquerettes. Dans une petite ville américaine, un agent pathogène est déversé par erreur dans la pâte à donut d’un fast-food local. Ce qui aura pour effet de transformer les beignets glacés en dangereuses créatures sautillantes. Bien sûr, les effets spéciaux sont navrants. Bien sûr, le jeu des acteurs laisse franchement à désirer. Néanmoins, le film ne souffre d’aucune baisse de régime et ne manque jamais d’humour. Un humour gras, qui repose bien évidemment sur l’absurdité de son synopsis, mais qui se laisse déguster non sans une certaine gourmandise.

La pépite : My name is Bruce (Bruce Campbell – 2007)

Le cinéma bis possède nombre d’acteurs cultes. Parmi les stars du genre, on peut citer Joe Spinell, évoqué plus haut, l’imposant Robert Z’dar, le classique Béla Lugosi, ou encore la princesse Suzzanna. Toutefois, s’il fallait n’en couronner qu’un, sûre que l’on adouberait Bruce Campbell sans ciller. En effet, on pourrait presque parler de « Bruce-ploitation », tant son nom seul permet d’assurer la promotion de n’importe quel film de série B, aussi fauché soit-il. Il faut dire que le bonhomme possède un réel talent pour le genre, et est reconnu comme tel depuis ses premiers faits d’armes dans la saga Evil Dead de Sam Raimi.

La clé du succès de Bruce Campbell tient certainement au fait qu’il a toujours assumé cette réputation, puisqu’il se définit lui-même comme un passionné de cinéma bis. Et c’est dans un trésor d’auto-dérision qu’il en témoignera en 2007. My name is Bruce met en scène Bruce Campbell dans son propre rôle. Jusqu’au jour où sa vie d’acteur raté est troublée par un jeune fan, venu le chercher pour combattre un monstre terrorisant son village. Malheureusement, le monstre est bien réel. Et Bruce Campbell, un simple acteur de série B. Loin d’être un chef d’œuvre, My name is Bruce ravira néanmoins les fans pour sa parodie jouissive et le brillant hommage rendu à la filmographie du monsieur.

Le slasher oublié : Carnage (Tony Maylam – 1981)

Vous avez vus tous les Vendredi 13 et, un soir d’ennui, vous voguez sur Internet à la recherche d’un divertissement similaire ? Vous ne chercherez pas longtemps. En effet, le tueur à la machette a enfanté bon nombre de petits à l’aube des années 1980. Surfant sur le succès des premiers épisodes de la saga culte, les productions à petit budget sur le thème du meurtre au camp de vacances ont, à cette époque, pullulé comme les rats dans les égouts de Paris. Toutefois, elles sont rares à valoir réellement le coup d’œil. Et si Carnage peine à se distinguer de son éminent prédécesseur, il n’en reste pas moins un honnête divertissement.

À l’instar de Jason Voorhees, le meurtrier a vécu un épisode traumatisant. Cette fois, ce ne sera pas la noyade, mais d’importantes brûlures, desquelles – comme Jason Voorhees – il réchappera miraculeusement. Et tel Jason Voorhees, il entreprendra de se venger sur le lieu même du drame : un camp de vacances pour jeunes ados. Pour se distinguer de son modèle, il prendra pour seule arme un sécateur en lieu et place de la célèbre machette. On l’aura compris, le point fort de ce film n’est pas tant l’originalité, mais plutôt l’ingéniosité avec laquelle il manie les matériaux plagiés. Outre Vendredi 13, on note de troublantes ressemblances avec le Psychose d’Hitchcock, Maniac et les réalisations de Dario Argento. Des références toutefois retravaillées avec intelligence, qui font de Carnage un sympathique slasher, certes quelque peu oubliable.

Faites de beaux rêves,

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