L’abominable bouffeur de chicken Mc nuggets et autres dates désastreux

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Vous le savez, mon dernier date Tinder n’était vraiment pas une réussite. La voix classique des rencontres ordinaires ne m’a pas pour autant permis de rencontrer la perle rare. Bien au contraire. Ci-gît mes pires dates, en l’attente de romances bien plus heureuses….

nuggets poulet

L’abominable bouffeur de chicken Mc nuggets

J’étais à un âge où un date au Mc Do pouvait encore paraître acceptable. Et l’insouciance de ma jeunesse avait alors jeté un voile sur la radinerie de mon charmant prétendant. Mince, grand, élégant, il avait un sourire épatant. De grandes dents blanches, parfaitement alignées. Il était, par ailleurs, un peu plus âgé que moi. En âge ainsi de savoir que le fast-food était tout aussi romantique qu’une paire de chaussettes sales gardée pendant l’amour. Rétrospectivement, j’ai fini par comprendre que sa gentille invitation au palais des graisses saturées tenait plus de l’économie drastique que de la belle attention. Aveugle, je me suis ainsi retrouvée main dans la main avec mon soupirant dans la file d’attente du « restaurant ». Il commande alors un maxi best-of avec six chicken Mc nuggets, une grande frite et une Badoit. Mes souvenirs restent flous concernant mon propre choix de victuailles, mais j’imagine qu’il devait être du même acabit.

Mc donald's nuggets
Bande de cons…

Commande réceptionnée, nous nous installons dans un coin calme de la salle. Et soudain, le bellâtre se met à philosopher sur la valeur de l’indice Mc nuggets. « Chais pas ce qu’t’en penses ma petite, mais 7,45 € les six, ça fait ben cher le poulet ! » Je reste coite, ne sachant quoi répondre. C’est alors qu’un nuggets entier dans la bouche, il me lance : « Viens avec moi, jvais t’montrer comment niquer le système et en avoir pour ton argent. » Après quoi, il m’attrape par le bras et m’entraîne à nouveau dans la file d’attente, sa précieuse boite de six tendue comme un sésame. « Hé, hé, chuis pas content ! », clame-t-il à la cantonade. Une employée nous demande quel est le problème et part chercher sa manager. Très fier de sa petite mise en scène, mon partenaire entame discrètement un deuxième nuggets.

homer mange
Mon date, en plus distingué

Il a à peine fini de le mâcher lorsque la responsable arrive. « Que puis-je faire pour vous, monsieur ? », s’enquiert la brave demoiselle. Mon affreux jojo répond avec toute la vergogne de l’insolence : « J’ai commandé six Mc nuggets, et y’en a que quatre dans vôt’ boîte. Pourriez-vous faire un geste commercial siouplé ? » Et là, je le vois afficher un immense sourire enjôleur, avec toutes ses belles dents éclatantes en avant. Je constate alors avec dégoût quelques panures de Mc nuggets parsemer son émail, accompagnées d’élégants vestiges de filets de poulet. Ne sachant plus où me mettre, je l’ai laissé terminer son manège et, tandis qu’il obtenait une boîte de quatre nuggets gratuite, je me suis éclipsée en évitant le regard des autres clients médusés. Depuis, je craque pour les ratiches mal alignées et jaunâtres.

Saint valentin
Une autre bande de cons

Godwin point on Valentine’s day

Nous sortions ensemble depuis très peu de temps. Néanmoins, la Saint-Valentin approchait. Romantique, mon compagnon d’alors avait décidé que nous passerions tout de même un moment agréable en tête à tête. Comme notre idylle était tout juste naissante, nous ferions quelque chose de simple, sur son canapé. J’étais d’accord et la soirée s’est annoncée sous les meilleures auspices. Il avait cuisiné, une charmante idée, puis nous avons dansé sur du Mariah Carey, l’incarnation même du romantisme béat. Tandis que nous terminions la vaisselle, il m’annonçât la suite du programme : « J’ai pris un DVD à la Fnac. Je voulais faire dans l’original et comme je sais que tu as fait allemand LV1… » Je reste circonspecte et lève un sourcil inquisiteur… Good bye Lenin ? Les Ailes du désir ? L’Ange bleu ? Bon, après tout, pourquoi pas ?

Marlene Dietrich
Oh Marlene, si tu savais…

C’est alors qu’il dévoila le pire choix de tout le cinéma allemand pour une soirée de Saint-Valentin : « J’ai opté pour La Chute, tu sais le film sur les derniers jours de la vie d’Hitler dans son bunker ? » Je ne pus m’empêcher d’écarquiller les yeux, plus large encore que la distance entre l’Islande et la Sicile. Je me ressaisis tout de même assez vite et avec un sourire feinté, je répondis : « Ouaaaaaiiiis… Ça peut être intéressant. » Je vous arrête tout de suite : bien sûr que La Chute détient d’immenses qualités cinématographiques. Néanmoins, cette fameuse chute est effectivement très rude après avoir entamé les festivités sur I want to know what love is interprété par Mariah Carey. Je passai donc les deux heures et demi suivantes à contenir ma frustration, entre la politique hitlérienne de la terre brûlée, le sacrifice d’Eva Braun et les complots nazis. À la fin du film, je posai ma joue sur la douce épaule de mon partenaire, en l’attente d’une quelconque caresse. Mais le bougre se leva brusquement et se mit à déambuler dans le salon, débordant d’enthousiasme.

Mathieu sommet Hitler
Pourquoi, seigneur ?!

« Oh, ce film ! Tu as vu, dis ? Tu as vu ?! » Oui, merci, j’ai vu le film… C’était long et douloureux, maintenant, je préférerais qu’on passe à autre chose et que tu baisses ma culotte (s’il te plaît). Je ne me doutais pas que la suite des événements allait laisser ladite culotte solidement et durablement fixée à mon séant. « Tu sais, je suis fasciné par cette période de l’histoire, et plus particulièrement, par la figure d’Hitler », m’explique-t-il. Bon. D’accord. Moi, mon truc, c’est les tueurs en série américains. On a tous nos vices, dans le fond… Sauf que la passion de mon crush tournait plutôt à l’obsession malsaine. Il passa le reste de la soirée à me montrer ses livres sur Hitler, des figurines SS et sa propre ébauche d’une biographie de ce cher tonton Adolf. Vers minuit, n’en pouvant plus, je prétextais une mycose vaginale purulente pour prendre mes jambes à mon cou. Dieu bénisse les champignons.

buffy contre les vampires

Trop fan pour toi

Il était cinéphile, aimait les films avec Bruce Campbell, était fort mignon et parlait avec un accent british très craquant… Ce soir-là, j’étais ravie de le voir toquer à ma porte avec deux places pour un film d’horreur de série B. Un homme idéal. Jouasse, j’attrape mon sac et sautille pour le rejoindre dans mes petites baskets roses. Il fait chaud en cette belle soirée d’été. Nous décidons donc de traverser à pied le pont qui nous sépare du cinéma, là où nous attendent tartines de faux sang et cris à gorge déployée. La discussion s’anime autour du récent Annabelle, les origines du mal, puis dérive vers les poupées tueuses et autres joies du cinéma d’horreur. C’est alors que je me mets à embrayer sur Buffy contre les vampires. « Ça me fait penser qu’il existe un épisode de Buffy où l’on suit un pantin tueur pendant les trois quart de l’intrigue, alors qu’en fait, il ne fait que défendre des innocents. C’est là tout le génie du scénariste Joss Whedon. Jouer sur les clichés du genre pour faire surgir le mal d’où on ne l’attend pas. La série mise d’ailleurs beaucoup sur la frontière floue entre le bien et le mal. Un concept bouddhiste, qui… »

Je le noie dans un flot de paroles. Sur la mise en scène de la série, son scénario, la nouvelle version HD abominable où l’on voit des micros dans le champ. C’est alors que je m’aperçois que nous ne sommes plus qu’à deux pas du cinéma et qu’il n’a pas pu en placer une durant toute la traversée du pont. Pire : il regarde sa montre en espérant que le début de la séance viendra le sauver de cette fangirl intarissable sur le brushing de Sarah Michelle Gellar, saison 4 épisode 6. Je ravale aussitôt ma logorrhée et tente de sauver les meubles. « Je suis sûre que le film sera aussi cool que le season finale de la saison 5. » J’ai envie de me baffer. Nous assistons enfin à notre spectacle sur grand écran. Des têtes tombent, le sang est versé. Je ressors enthousiaste, en me jurant de ne plus évoquer ne serait-ce que le mot « vampire ». Sauf que. Avec un sourire, il me lance : « Bon, je sais que c’était pas aussi bien que Buffy, mais le film était plutôt pas mal, non ? » C’était comme s’il m’avait tendu une pelle pour creuser ma propre tombe. Morale de l’histoire : l’auto-sabotage est une maladie grave.

Sur ce, matez l’intégrale de Buffy contre les vampires…

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