Pourquoi suis-je à la fois désespérément cynique et résolument romantique ?

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Grande gueule. C’est, à l’évidence, mon trait de caractère le plus prononcé. Cynique. Mon plus grand défaut et ma plus grande qualité. Une personnalité qui, de prime abord, entre en conflit avec les termes « romantique » ou « fleur bleue ». Et pourtant…

Madonna True blue

Connaissez-vous l’album True blue de Madonna ? Le public américain l’identifie comme « the girly album ». Parce qu’il suinte la pop mielleuse, se veut quelque peu niais, mais surtout, parce qu’il évoque les envolées féminines aux prises avec l’émoi du sentiment amoureux. Des violons de l’intro à la mélodie sucrée du titre éponyme, jusqu’à l’entrain démesuré du morceau final… Madonna était alors une jeune femme follement amoureuse, désespérément éprise de Sean Penn. Un stéréotype, un cliché. Et bien, croyez-le ou non, il s’agit de mon album préféré de la madone. L’éveil spirituel de Like a prayer, de Ray of light ? Non merci, sans façon. L’ambiance suave et malsaine d’Erotica ? Très peu pour moi. L’engagement politique et militant d’American life ? Mouais, bof. La guimauve et l’insolence puérile de True blue ? J’en reprends volontiers une part !

On aura effectivement tendance à penser qu’Erotica ou American life me collent bien mieux à la peau. Preuve en est : lorsqu’on me demande mon opus de Madonna favori, je crée bien souvent la surprise en répondant True blue. Pourtant, c’est cet album qui résonne le plus dans mes tripes et dans mes veines. C’est cet album qui me ressemble, qui – malgré le poids des années, me fait toujours chantonner d’un air niais. Car, quoi qu’il arrive, je suis et je resterais une romantique incomprise. J’ai tendance à rêver ma vie comme une comédie musicale. Je suis la petite fille boulotte qui embrasse Zac Efron à la fin du film, je suis Sandy en pantalon moulant et permanente, je suis la Funny girl qui accuse le coup d’un amour impossible…

Barbra Streisand dans Funny Girl

Paradoxalement, j’ai aussi tout à fait conscience que ma vie n’est pas digne du scénario d’un des meilleurs longs-métrages de Jacques Demy. Je vis, à l’évidence, plutôt dans un mauvais téléfilm ou, au choix, dans une telenovela où les péripéties les plus banales sont perçues comme des retournements de situation hautement dramatiques. Une œuvre de faible valeur, sans budget, ni ambition. Dans mon triste univers tourné en lumière naturelle, le beau gosse m’a longtemps fait croire qu’il m’aimait, mais a claqué la porte un beau matin, et ne m’a plus jamais donné de nouvelles ensuite. Fumait tellement d’herbe qu’il en a oublié mon prénom. Empruntait mon téléphone pour envoyer des messages à ses autres conquêtes. Pire : ne rangeait jamais les assiettes sur la bonne étagère. Pathétique, indigne de Broadway. Y a-t-il un Danny Zucko pour venir me sauver les fesses ? Ça urge. VITE.

Danny Zucko
Salut toi…

J’ai beau me répéter et me convaincre du célèbre discours selon lequel « la vie n’est pas un conte de fée et le prince charmant n’existe pas », je trébuche à chaque fois. Un regard, une caresse… Et je tournoie telle Madonna en chantant de ma voix de crécelle « True blue, baby, I love you. » D’accord, le prince charmant est un mensonge. Admettons. Mais puis-je me risquer à espérer qu’il existe quelque part quelqu’un comme moi, qui se lève le matin en esquissant deux pas de danse ? Qui sourit à ma seule évocation ? Qui serait prêt à courir toute la ville pour me retrouver, moi, un soir de Saint-Sylvestre et me demander – malgré mes diatribes – si je ne voudrais pas vivre avec lui pour le restant de ma vie ? À l’écriture de ces quelques lignes, je pousse un soupir et je peste. Décidément. Quelle salope cette Cendrillon…

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5 Replies to “Pourquoi suis-je à la fois désespérément cynique et résolument romantique ?”

  1. Quelle salope cette Cendrillon ! Mais comme elle nous fait rêver à l’impossible possible…
    La bien séance voudrait que je te remonte le moral, te dise qu’heureusement que ce Monsieur a claqué la porte pour ne pas revenir, qu’il ne te méritait pas, etc. etc.
    Je préfère te dire de rester comme tu es, de surtout, surtout, ne pas changer ta plume cynique-romantique (je sais pourquoi, j’aime les contrastes, c’est mon univers créatif ;-). Je l’adore et j’attends avec impatience le récit de ta prochaine rencontre, je vais me régaler… Je m’en réjouis d’avance.
    Tu as au moins une fidèle lectrice !

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  2. Hahaha, merci Lilie. Ça me fait plaisir de t’avoir comme lectrice. Je préfère en avoir moins, mais qu’elles soient toutes comme toi : toujours aussi pétillante et avec de bons mots. Ne t’inquiète pas, je n’ai pas vécu de rupture récemment. Ce n’est peut-être que l’approche de la trentaine qui me travaille 😉

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