Déclarations d’amour et crises de nerfs : comment deux de mes exs sont réapparus dans ma vie

Scroll down to content

Être célibataire à presque 30 ans entend que nous traînons des « bagages ». Des exs que l’on assume tant bien que mal, chevillés à notre réputation comme des boulets à nos pieds. Néanmoins, beaucoup ont la chance de ne jamais les recroiser. Ce n’est malheureusement pas mon cas.

À en écouter mon pote Bastien, ma meilleure amie et ma copine Justine, mes exs ont perdu le soleil de leur existence, leur raison de vivre, et ne trouveront plus jamais un tel éclat pour illuminer leur triste quotidien gris et sans saveur. Oui, ils ont souvent su trouver les mots lorsque, au 36e dessous, j’ai toqué à leur porte, mon mascara dégoulinant jusqu’à mes bajoues encore humides. Et vice-versa. Maintes fois, il m’est arrivé de réconforter une amie, comme tant d’autres avant moi. « Il ne te mérite pas. De toute façon, c’était un connard ; il ne me laissait jamais gagner aux blind tests. » Pour ma part, je me suis souvent enorgueillie de ces paroles de réconfort, répétant à qui voulait l’entendre « qu’un jour, il s’en mordrait les doigts ». Je ne croyais pas si bien dire… Avais-je pour autant envie de rouvrir des portes que j’avais verrouillées à double tour il y a de cela plusieurs années ? Certainement pas.

Pourtant, ces portes se sont brusquement mises à trembler sous les coups répétés de ceux sur qui je les avais péniblement refermées. Car, au cours des dernières semaines, deux de mes exs ont, par le truchement de l’improbable, décidé de me reconquérir. D’abord, il y eut mon Mister Big, le Jay-Z de ma Mariah, le Nick Arnstein de ma Fanny Bryce. L’homme duquel j’avais décidé de me vacciner, et pour lequel mes amis les plus fidèles étaient prêts à ériger un mur de briques entre lui et ma personne. Lui, est revenu. Il m’a écrit des proses interminables pour me suggérer qu’effectivement, le ciel au-dessus de sa tête n’était plus tout à fait ensoleillé depuis que j’avais pris la poudre d’escampette. Deux ans auparavant, j’aurais succombé. J’aurais plié bagage pour le retrouver aussitôt.

Mais aujourd’hui, j’enrage. J’ai pesté durant des jours en faisant les cent pas dans mon bureau. Comment ose-t-il revenir me pourrir la vie, alors que j’ai mis presque des années à l’oublier, cet ahuri sans talent qui croit encore, ses 40 ans révolus, qu’il est un instrumentiste de génie ? Qu’ai-je fait pour mériter l’attention d’un tel loser ?! Et c’est alors que, dans cette fulgurance de mauvaise foi sans pareille, j’eus une révélation : mais, dans le fond, pourquoi s’attache-t-il à une journaliste ratée / chanteuse jamais remarquée / blogueuse à l’audience limitée (rayez la mention inutile) ? Et si c’était moi, le boulet à sa cheville ? Pourquoi est-ce qu’il en redemande, ce masochiste ?

J’en restais là de mes considérations quand soudain, mon téléphone se mit à vibrer. Quelqu’un venait de réagir à ma story Instagram. Un pseudo que je voyais revenir sans cesse, mais à l’image de profil anonyme… Jusqu’à ce jour. Une photo était effectivement miraculeusement apparue. C’est alors que je le vis. Me souriant avec ses grandes dents blanches parfaitement alignées et son faux air de ne pas y toucher. Mon golden boy. Le dernier type sur terre qu’il m’aurait été supportable de fréquenter et que j’avais pourtant embrassé à pleine bouche un soir de débauche, puis durant quelques semaines, alors que je n’étais même pas encore titulaire du Bac.

À cette époque, il travaillait au Luxembourg et s’en mettait plein les poches. Je détestais ce mec. Et pourtant, j’avais tout fait pour me persuader du contraire. Je ne sais pas à quoi ça tenait. Son absence de culture, sa prétention sans limite et son goût douteux pour les films d’arts martiaux ont eu vite fait de m’exaspérer. Il me tapait tellement sur les nerf qu’un soir, après une énième provocation, je lui avais retourné une telle paire de gifles qu’il en avait fait tomber ses putains de Ray Ban wayfarer de petit connard. Il m’avait fait signe de partir. Je n’ai même pas pris le temps de rassembler mes affaires. Un bras d’honneur plus tard, j’étais dehors sous le soleil.

Pourtant, malgré la gifle, malgré mes insupportables crises de nerfs à la moindre de ses remarques, il voulait retenter le grand chelem. Ainsi, je le vis poster d’innombrables sous-entendus. De la B.O. de La la land aux citations pseudo romantiques, il a tout essayé. Je fulminais en faisant mine de ne rien voir. Nous nous étions quittés sur une claque magistrale, pourquoi diable vouloir s’en infliger davantage ? Après l’autre amoureux transi, il ne manquait décidément plus que lui. « Pourquoi maintenant ?! Pourquoi les deux en même temps ? Ils se sont donné le mot pour m’emmerder ? – Ben sinon, ce ne serait pas marrant. » Ainsi me répondit ma copine Gwen, tirant une latte sur sa cigarette, assise pénarde sur mon canapé. Et ben, bravo les gars, sincèrement, je suis morte de rire.

(again)

Vint ensuite cette soirée où, épuisée, je finis par pleurer sur l’épaule de ma meilleure amie, s’affairant à me préparer une tasse de tisane « Nuit tranquille ». Le côté italien sans doute, je crachais ma haine tout en gesticulant mes petits bras. « Je lui avais dit de me laisser tranquille. JE LUI AVAIS DIT. Peux-tu seulement m’expliquer pourquoi il OSE insister ? » Elle, restait coite, m’observant désabusée, habituée à mes crises existentielles. C’est alors que j’entendis la voix de la sagesse. « Mais enfin, Lily, tu t’es vue ? Tu as vu l’état dans lequel tu te mets ? Tu as vu toute l’énergie que tu dépenses ? » J’en eus le sifflet coupé. Où diable était-elle allée chercher une telle maturité ? « Écoute, ils ont eu leur chance, ils l’ont manquée, c’est fini. Je ne vois pas en quoi ils méritent que tu t’épuises ainsi. »

Mon Dieu, elle n’avait pas tort. Oui, je suis une journaliste ratée, une chanteuse never been, une blogueuse sans lecteurs. Oui, je l’ai giflé et lui ai fait un bras d’honneur avant de m’enfuir sans laisser d’adresse. Mais dois-je pour autant m’auto-flageller ? Ils ont apprécié cette fille, peut-être un peu artiste mais sans réel talent, impulsive mais sans doute attachante aussi. Je ne suis pas seule responsable de l’échec de nos relations. La vérité, c’est qu’au cours des dernières semaines, j’étais effarée à l’idée qu’ils veuillent encore d’une fille comme moi. Je n’avais pas conscience qu’au fond, les mots de réconfort que l’on entend tous après une rupture avaient peut-être quelque chose de véridique, dont on se persuade sans réellement l’admettre.

Allons bon, j’ai bloqué mes deux exs sans leur donner la satisfaction d’une réponse. Après tout, je peux l’affirmer sans complexe : je suis une fille que l’on regrette.

signature

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

%d blogueurs aiment cette page :