Mariah Carey chansons de Noël

3 chansons de Noël interprétées par Mariah Carey pour enterrer All I want for christmas is you une bonne fois pour toutes

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La semaine dernière, All I want for christmas is you est arrivée au sommet des ventes 25 ans après sa première sortie dans les charts. Comme si nous ne l’avions pas déjà assez entendue depuis Love Actually… Avec deux albums de Noël à son actif, Mariah Carey a pourtant de nombreux autres moments de grâce à nous offrir.

Joy to the world (live at St John the Divine) – 1994

Le 8 décembre 1994, Mariah Carey entame la promotion de son désormais célèbre Merry Christmas avec un concert caritatif organisé à la cathédrale Saint John the Divine de New-York. Encore loin de ses tenues de scène spectaculaires, tantôt en ange blanc qu’en casse-noisettes – personnellement, j’ai hâte de la voir apparaître en renne – , la jeune chanteuse de 24 ans surgit vêtue d’une combinaison noire des plus sobres et de boots à talons aiguilles et bouts pointus. Tenue iconique de cette ère nineties où elle s’apprête à régner en maître. Soupçonnée jusqu’alors de n’être qu’une création de studio, sa voix exceptionnelle avait mis à genoux l’Amérique lors du Mtv Unplugged de 1991. Le live à Saint John the divine assiéra sa réputation : this girl can defintely sing !

Et pour cause. Après l’album Mariah Carey, sorti en 1990 sous l’influence des productions de Teddy Pendergrass, Mariah Carey entame un virage radicalement pop avec Emotions en 1991 et Music box en 1993. Si ces deux albums contiennent leur lot de démonstrations vocales divines et conservent une dimension soul notable, nul doute que les labels ont tenu à développer une image de princesse pop pour Mariah Carey, dont les productions plus urbaines s’amenuisent, au profit de ballades sucrées comme Hero ou Without you. En 1994, Mariah change innocemment la donne avec Merry christmas, un album en connexion directe avec ses origines noires. En effet, la chanteuse y rappelle son amour et son talent pour le gospel, malgré certains arrangements rythmiques trop marqués par leur époque. C’est pourquoi l’on préférera la version live de Joy to the world de Saint John the divine à la soupe aseptisée de l’album. La diva y prend un plaisir fou à gravir les octaves, portée par une chorale proche de la transe et un final qui forcerait le moins réceptif de tous à se lever pour applaudir en cadence.

Here comes Santa Claus (right down Santa Claus lane) – 2010

L’un des aspects de la carrière de Mariah Carey que le public français méconnaît particulièrement, c’est bien sa légitimité au sein de la culture urbaine américaine. De nos contrées, nous n’apercevons que la diva précieuse un brin ridicule. Ses featurings avec des rappeurs ? Une proportion à s’exhiber en potiche aux côtés de ceux dont la carrière décolle. Vous vous en doutez : nous nous trompons dans les grandes largeurs, et même les grandes longueurs. Mariah Carey a grandi dans les quartiers pauvres de New-York. Biberonnée certes au gospel, elle a avant tout construit son univers musical en piochant dans la funk, le R’n’B et le hip-hop – genre encore en pleine expansion à l’aube de son premier album. Du rap East Coast, elle en consommait assise sur les marches de son perron, dans le vacarme des boom boxes vrombissantes. Et elle fut plus tard l’une des premières pop stars mainstream à taquiner le gangsta rap. Deux genres que le début des années 90 préféraient voir séparés, car ces demoiselles devaient servir d’exemples à la jeunesse puritaine. Pas aisé pour elles de s’afficher aux côtés d’un certain style de rappeur, synonyme alors de fusillades, de trafic de drogue et de peines de prison.

C’était sans compter sur Mariah Carey qui, contre l’avis de ses producteurs, imposa ODB du Wu-Tang Clan sur le remix de Fantasy en 1995. Le début de la longue tradition des Bad boy mixes. Ainsi, on attribue en partie à Mariah Carey l’acheminement du gangsta rap vers le grand public. Une audace inédite qui, par ricochets, permit à la chanteuse d’acquérir une certaine street credibility outre-Atlantique. D’où l’éternelle mise en avant de ses deux initiales : M.C. En 1994, lors de la sortie de Merry Christmas, il était encore trop tôt pour ajouter des basses hip-hop aux mélodies douces et sages de Mariah Carey. En 2010, désormais érigée en MC, elle ose. Et propose une version ghetto du chant traditionnel Here comes Santa Claus sur son nouvel opus, Merry Christmas II you. La basse fait finalement vibrer les hanches et Jermaine Dupri pose sur l’intro. Un régal pour les initiés.

O Holy night (1994)

Évidence du chant chrétien américain, O Holy night puise pourtant ses origines en terres françaises. Minuit, chrétiens est en effet un cantique traditionnel de notre pays, écrit en 1843 par l’Abbé Maurice Gilles. Le titre voyagera ensuite jusqu’aux frontières canadiennes, notamment grâce à l’interprétation de la chanteuse lyrique Marie-Louise-Joséphine Caron en 1858. La même année, John Sullivan Dwight, connu comme le « premier critique musical américain », adapte ce cantique en langue anglaise pour le public états-unien. Dès lors, ce célèbre chant connaîtra d’innombrables interprétations. Par des artistes lyriques d’abord, par des artistes grand public et profanes ensuite. Il est d’ailleurs intéressant de noter que, parmi ces derniers, une grande majorité s’inscrivent dans la tradition soul et gospel américaine – en témoignent les versions de Whitney Houston et Dionne Warwick.

La version de Mariah Carey porte elle aussi cet héritage et ose même se détacher du terreau lyrique de ce cantique en optant pour une orchestration résolument soul. De plus, à l’inverse de ses illustres prédécesseurs, elle choisit de teinter les premières mesures avec son souffle et de réserver les notes les plus hautes au final en voix de sifflet. Pourtant, Mariah Carey bénéficie d’une formation en chant classique grâce à sa mère, elle-même chanteuse lyrique. Elle prouvera d’ailleurs son aisance dans ce répertoire sur Merry Christmas avec son interprétation irréprochable de Gloria (In Excelsis Deo) – bien que teintée de gospel elle aussi. Nul doute qu’un arrangement plus ordinaire de O Holy night lui aurait sied comme un gant. En choisissant cette orchestration volontairement nourrie de culture black américaine, Mariah Carey se définit clairement dans la lignée des divas soul historiquement liées à ce chant populaire. Pas assez noire, ni assez blanche aux yeux de ses contemporains, la chanteuse a longtemps porté son métissage comme une souffrance. Avec ce titre, elle offre le meilleur des deux mondes et témoigne par là même de la beauté du mélange des cultures.

Sur ce, joyeux Noël à tous,

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