Fusion man David Halphen

Conversation avec David Halphen, créateur de Fusion man, le super-héros gay made in France

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Il y a maintenant plusieurs années, j’ai reçu une invitation de la part d’un certain David Halphen sur Facebook. Me demandant où j’avais bien pu croiser cet individu, j’ai cliqué sur son profil à la recherche de plus amples informations. Et c’est ainsi que je fis également la connaissance de Fusion man, notre super-héros gay, né sur les écrans de télé avant de connaître une seconde vie en comics. Un personnage tout droit sorti de l’imagination de David Halphen que je m’empressai d’ajouter à mes contacts, enthousiasmée par les aventures de ce nouvel héros en costume moulant.

Mardi soir, 20 heures. J’ai rendez-vous avec David au téléphone. Je viens de repousser l’échéance de deux heures, car j’ai une migraine atroce et un chagrin d’amour à panser à grand renfort de chocolat. J’en suis à mon douzième carré de Milka en train de sangloter devant Brooklyn 9-9 quand je me dis qu’il faut que je me remue et que je décroche ce fichu téléphone. J’ai besoin d’espoir. Fusion man m’en a donné par le passé au travers de son Web comics. Une œuvre capable de pointer du doigt l’intolérance intrinsèque de notre société, tout en racontant une histoire de super-héros méga cool. Discuter avec son créateur pourrait être un remède nécessaire. Je ne décroche qu’à la troisième sonnerie. « Bonsoir David, tu vas bien ? Moi aussi. Brisons la glace. On commence par une question bateau : qui es-tu et que fais-tu dans la vie ? »

David Halphen
David Halphen et sa création

David m’explique donc être scénariste et réalisateur de formation. « Pour le cinéma, à l’origine. Actuellement, et comme tu dois t’en douter, je suis plutôt scénariste de bande dessinée… » L’homme n’est pas timide et, pour ma part, je pourrais écouter pendant des heures n’importe quel être humain capable de name dropper en moins d’un quart d’heure trois personnages de comics, deux séries américaines du début du siècle et un réalisateur émérite de films d’horreur. Notre entretien commence donc sous les meilleurs auspices.

David, vivifié par l’évocation de quelques références communes, se met progressivement à égrainer le fil de sa création. Les aventures de Fusion man se révèle être, à l’origine, un court-métrage de 2009, réalisé par Marius Vale et Xavier Gens – un nom qui m’aura fait frissonner, puisque ce dernier est bien connu des amateurs de genre pour Frontière(s) et le segment frenchy de ABCs of death. David raconte : « J’ai répondu à un appel à projets de Canal + pour une série de courts-métrages contre l’homophobie, baptisée ‘Jeune et homo sous le regard des autres’. Le scénario des Aventures de Fusion man a été retenu et c’est ainsi qu’est née cette histoire de super-héros gay qui sauve un jeune adolescent homo du suicide, avant de faire lui-même son coming out.« 

De la télé à la bande dessinée

La belle histoire aurait pu s’arrêter là. Mais Fusion man n’entendait pas quitter David de sitôt. « Après le court-métrage, Marius Vale, l’un des deux réalisateurs, a souhaité collaborer avec moi pour créer une série Fusion man, explique-t-il. L’une des productrices d’Un gars / Une fille s’est même montrée intéressée par le projet. De là, nous avons rencontré beaucoup de chaînes de télé, de Canal + à Comédie, jusqu’à la BBC. Malheureusement, nous en revenions toujours au même point. Ces chaînes sont habituées à produire des sitcoms, comme ‘Scènes de ménage’ ou ‘Parents : mode d’emploi’. Des productions peu onéreuses, puisque tournées dans un décor unique, mais qui rapportent gros. Fusion man est un super-héros. Et qui dit super-héro, dit supers-pouvoirs, donc effets spéciaux et, par là même, budget plus conséquent. De plus, mon personnage est gay : les chaînes craignaient que le grand public soit frileux. » Néanmoins, le jeune scénariste a envie de poursuivre l’aventure.

Buffy en comics
Buffy contre les vampires a connu une suite en comics à partir de 2007

« De toute ma vie, s’il y a bien une œuvre que je chérie tout particulièrement, c’est ‘Buffy contre les vampires’. » Je tressaute. C’était donc ainsi que nous étions entrés en contact il y a trois ans. Buffy, je l’adule, je la vénère. Au point de faire partie de la grande secte des adorateurs de son créateur, Joss Whedon… Et nous sommes nombreux à interagir sur Internet. De groupes Facebook en tweets passionnés, les Buffyheads restent hyperactifs, même dix-sept ans après l’arrêt de la série. « Il n’y pas d’influence directe et consciente de Buffy sur Fusion man, poursuit David. C’est simplement mon amour pour cette série qui m’a donné envie de faire vivre mon personnage sur petit écran. Empêché pour des questions de budget, il m’est apparu que Buffy s’était poursuivie en comics avec succès. Dès lors, j’ai pensé que je pouvais, moi aussi, passer de l’écran au papier. Et puis, les super-héros comme Spiderman ou Superman ont d’abord été des personnages de BD avant de devenir des stars de cinéma. Alors, pourquoi ne pas revenir aux sources ? »

L’idée fait peu à peu son chemin. Reste à régler un problème de taille. « La BD, au départ, je n’y connaissais rien. Petit, j’avais chipé un petit peu de ‘Boule & Bill’ dans la bibliothèque de mon cousin et j’avais lu quelques ‘Spiderman’, mais je n’étais pas un grand consommateur pour autant. » Quand soudain, la chance tourne. En parfait fan de Buffy, David organise une convention sur la série en 2010. « Georges Jeanty, l’un des dessinateurs du comics adapté de Buffy contre les vampires, figurait parmi nos invités. Je lui ai parlé de Fusion man, de mes envies de BD, et lui ai demandé s’il avait quelques conseils à me donner. Pour toute réponse, il m’a envoyé le script original du premier tome du comics Buffy… scénarisé par Joss Whedon himself. » À ces mots, je faille de m’évanouir, quand David poursuit : « J’ai lu intégralement le script et l’ai longuement étudié. Quelle meilleure école ? » Tu m’étonnes.

Fusion man

Naissance d’un héraut ?

La mutation de Fusion man en BD aura été un processus long de quatre ans. Au travers de ce projet, David a une idée en tête. Il souhaite « banaliser l’homosexualité. Fusion man est gay. Oui, et alors » ? Silence. Je lève un sourcil. Il va plus loin : « Dans la fiction, l’homosexualité est plus largement traitée au travers de problématiques telles que le coming-out, et si le personnage y survit, il doit ensuite survivre à l’homophobie, aux envies de suicide et enfin, au Sida. Ces thématiques s’adressent aux homophobes et entendent susciter une prise de conscience, mais ne sont pas du tout destinées aux homos identifiés. Le sujet de l’appel à projets de Canal +, c’était l’homophobie. Fusion man a donc été créé pour adresser un message contre l’homophobie. Puis, quand j’ai écrit mon premier scénario de BD, je me suis totalement émancipé de ces questions. Je voyais Fusion man comme un super-héros qui vit des aventures, comme tous les autres super-héros. Il connaît juste des histoires d’amour avec des mecs, comme Superman a sa Loïs Lane, comme Spiderman a sa Mary Jane. Mais son histoire, sa mythologie, n’a rien à voir avec son orientation sexuelle.« 

C’est l’actualité qui viendra achever une première fois cette ambition. « Au moment où j’écrivais les premières aventures de Fusion man en BD, il y a eu La Manif pour tous, raconte David. Je me suis senti désarçonné face à ces gens qui descendaient dans la rue avec des enfants, des adolescents, pour contester nos droits. Je me suis pris ce rejet particulièrement violent en pleine poire. C’est pourquoi j’ai ressenti le besoin d’aborder la question de l’homophobie et ça a été le sujet du Web comics pendant trois ans. » Un Web comics auquel auront participé près d’une trentaine de dessinateurs, planche après planche. « Cette diversité entraîne un changement de style à chaque page. J’ai attribué les planches aux différents artistes selon les thématiques abordées, pour qu’elles collent le plus possible à leurs styles respectifs, en m’arrangeant pour que cela ne nuise pas à la continuité de l’histoire. C’est un choix artistique, dans la mesure où, en 80 ans de BD américaine, on a connu Superman ou Batman sous différentes formes, dessinés, designés dans des styles parfois très hétéroclites. Fusion man se rattache à cet héritage. » Le Web comics fait ainsi suite au court-métrage et rassemble 75 planches dessinées par des artistes bénévoles.

Après cet effort, le scénariste rêve toujours de voir son héros combattre des supers-vilains sans rapport avec l’homophobie. Néanmoins, une succession d’événements bien particuliers s’apprête à le faire changer d’avis radicalement. « Je voulais être hébergeur bénévole pour Le Refuge, une association qui s’occupe de loger temporairement des jeunes LGBT rejetés par leurs famille. De fil en aiguille, on m’a finalement proposé de tenir une permanence le mercredi après-midi, pour montrer le court-métrage à ces jeunes et leur apprendre à faire de la BD. Peu à peu, ils ont inventé des histoires pour de nouvelles aventures de Fusion man. Certains ont, par exemple, imaginé une intrigue où Fusion man rencontre des problèmes de couple. Et bizarrement, plus ça avançait, plus ils retiraient des péripéties : ‘Non, en fait, Fusion Man, il a un amoureux et il sont heureux ensemble. C’est tout.’ Ça veut tout dire. On sentait qu’au début, ils imitaient le déroulé des fictions qu’ils ont l’habitude de lire ou de voir, et au fil du récit, leur douleur remontait, si bien qu’ils préféraient n’y mettre que du positif. »

D’autres, pourtant plus réservés au début de la permanence de David, ont fini par s’ouvrir et par raconter leurs parcours personnels, intimes et difficiles. Tous ces échanges ont inspiré les histoires courtes du premier volume des aventures de Fusion man sorti en librairie. « C’était viscéral, il fallait que je le fasse, avoue l’auteur. Dans ce premier tome, Fusion man sauve des jeunes rejetés par leurs familles ou combat des monstres qui symbolisent différent aspects de l’homophobie. J’aimerais cependant ne pas avoir à le faire. Encore une fois, il n’existe aucun numéro de Spiderman où il doit prôner son hétérosexualité ou justifier son amour pour Mary Jane. Dans la préface, j’explique que Fusion man ne devrait pas être un porte-étendard de la cause gay, mais il y est obligé. Parce que, quelque part, les homophobes ont gagné. Il y a encore des familles pour mettre leur gamin à la porte après un coming out ou pour s’insurger contre nos droits. Dans ce contexte, je n’avais pas d’autre choix que de défendre la cause. Sinon, ce serait les laisser gagner. »

Fusion man livre

Résurrection

À l’origine, ce premier album physique devait sonner le glas des aventures du super-héros gay. « Je voulais arrêter, passer à autre chose. Au départ, les histoires courtes qui composent ce premier livre étaient disponibles en Web comics. Or, sur Internet, les choses sont éphémères. J’avais envie d’en garder une trace. Car nous avions tout de même travaillé bénévolement, les dessinateurs et moi-même, pendant trois longues années. Je voulais également faire plaisir à nos lecteurs, qui nous avaient soutenus tout au long de cette aventure. J’ai donc lancé un crowdfunding, qui m’a permis de récolter 2000 euros. Suffisant pour imprimer 300 exemplaires et même lancer une version anglaise, imprimée en 100 exemplaires. À ma grande surprise, en six mois, sans aucune promo, j’ai tout vendu. Et les libraires m’appelaient pour que je réapprovisionne leurs stocks. Ça rend les choses bien plus concrètes. D’un coup, je n’étais plus seul derrière mon ordinateur. Je décelais une vraie demande, une vraie envie, et surtout, les différents retours témoignaient d’un appétit pour l’histoire du personnage, au-delà de son homosexualité. Les lecteurs voulaient connaître l’origine des pouvoirs de Fusion man, sa famille, sa mythologie. Qu’il soit gay n’était pas ce qui attisait foncièrement leur curiosité. »

Premiers visuels des prochaines aventures de Fusion man à paraître

Enfin, David semble toucher au but. Si bien qu’il prend la décision de mener le projet jusqu’au bout de ses ambitions. « J’ai choisi de prendre deux années sabbatiques pour écrire l’origin story de Fusion man. Je ne devais produire qu’un seul tome, mais un an et demi plus tard, j’en suis à six. Quand j’ai terminé un volume, j’ai déjà un demi-volume d’avance en tête. Ça m’a fait un peu peur, parce qu’à ce rythme, j’avais peur de faire encore du Fusion man à mes 40 ans. Finalement, je me suis ressaisi et ai décidé de boucler mon histoire coûte que coûte. Peu importe le nombre de volumes, j’arriverais au bout de mon histoire au terme de ces deux ans. » Au fil du temps, les idées se précisent et l’échéance devient concrète : « Dessinées par Yas Munasinghe et Jonas, les origines de Fusion man seront finalement racontées en deux tomes, annonce David. L’un sortira en mars et l’autre, en septembre. Le tome 3 est déjà écrit. Quant aux volumes 4 et 5, ils sont en cours d’écriture. Pour ne pas frustrer le lecteur, un cycle s’achèvera tous les deux volumes. Un arc narratif sous-jacent prendra cependant fin au volume 6. À ce stade, je verrais si je continue ou non, selon le succès et mes envies… »

Lorsque David aborde ce nouveau chapitre de l’histoire de Fusion man, il paraît grisé. La perspective de s’émanciper des questions d’homophobie lui donne visiblement des ailes. « Je peux enfin raconter mon histoire de super-héros sans donner à son homosexualité une place centrale. Homo et alors ? Il existe un public qui aime les Wonder Woman, les Superman, les Batman, et qui a envie de lire les aventures d’un super-héros gay. Je suis plus qu’enthousiaste à l’approche de la sortie de ce nouveau tome, qui garde la mémoire du court-métrage, du Web comics et des histoires courtes inspirées par les jeunes du Refuge, mais qui ne parle plus frontalement de problématiques homophobes. Fusion man enquête désormais simplement sur ses nouveaux pouvoirs. De nouveaux lecteurs, qui n’ont pas nécessairement connu le volet plus militant, pourront découvrir ce héros, sans le percevoir comme l’émissaire d’une cause à défendre. Quant aux autres, qui l’apprécient déjà, ils l’aborderont sous un nouveau jour. »

Le premier tome du nouveau cycle de Fusion man doit paraître en mars 2020

Quelle différence ?

La joie qui résonne au travers des mots prononcés par David me donne le courage de lui poser une question que je n’avais pas osé formuler jusque là. Par peur d’en avoir mal choisi les termes. « Pourquoi t’est-il apparu comme essentiel de créer un super-héros gay ? » Un ange passe, je me mords la langue. « Enfin… Peut-être qu’essentiel n’est pas le bon mot. » David me rassure : « Je n’en avais pas tout à fait conscience au début de ce long processus qu’a été la création de Fusion man, mais oui, tu as raison. Le mot ‘essentiel’ est parfaitement bien choisi. Jusque là, on ne l’a jamais employé pour qualifier mon personnage. Pourtant, à mon sens, Fusion man est ‘essentiel’. Jeune scénariste, on m’a proposé d’écrire un scénario pour Canal +. J’avais mille idées, car j’apprécie tous les genres de cinéma, de l’indé au thriller, en passant par le divertissement familial. Or, j’aime écrire du divertissement justement. Peut-être un peu intello, mais j’aime les supers-héros et la science-fiction. C’est mon univers, j’aime Buffy, Batman et Spiderman. Et il n’y a pas vraiment de super-héros gay… Seulement des one shots, des expérimentations. Ça évolue, mais il en existe peu. De ce point de vue, Fusion man est effectivement essentiel.« 

Willow et Tara
Tara et Willow, personnages cultes de Buffy contre les vampires

D’autant plus essentiel qu’il entend banaliser une orientation sexuelle jusqu’alors stigmatisée dans la plupart des récits de fiction. « Après une longue réflexion, je crois avoir été influencé par Willow et Tara dans ‘Buffy contre les vampires’. De manière inconsciente cependant. Je n’ai pas voulu insérer des personnages LGBT dans mes histoires, juste parce qu’il y avait deux lesbiennes dans Buffy. Je m’explique : je suis fasciné par le fait de n’avoir jamais perçu Willow comme un personnage lesbien. Parce que dans les autres séries, à l’époque, les minorités étaient nécessairement stigmatisées. Tout personnage gay impliquait de traiter d’homophobie ou du Sida. Dans Buffy, ce n’est pas le cas. Willow rencontre les mêmes problèmes que les autres. Elle n’est pas définie exclusivement par sa sexualité. Elle est juste tombée amoureuse de quelqu’un et il s’avère que c’est une femme. En l’occurrence, Tara. C’est l’un des nombreux aspects qui rend le travail d’écriture sur cette série admirable. Et cette orientation sexuelle banalisée, j’ai envie de la retrouver dans d’autres œuvres et avant tout, dans mon travail. »

Des exemples de cette banalisation, David n’en manque pas. Et même des plus incongrus. D’un air désinvolte, il lance : « Et puis, en 2010, il y a eu Thomas dans ‘Secret Story’ sur TF1. On peut penser ce qu’on veut, mais tous les soirs, pendant quatre mois, à une heure de grande écoute, on voyait un mec homo à la télé. Certes, un archétype un peu caricatural, mais ça m’a fait du bien. » Et soudain, le scénariste finit par me toucher en plein cœur : « Ryan Murphy a été important aussi. Avec ‘Glee’ et sa galerie de personnages LGBT : Kurt, Blaine, Santana… Grâce à cette série, j’ai découvert la sensation de me sentir proche d’un personnage de fiction. Jusque là, sans m’en rendre compte, je faisais un effort inconscient – certes minime, mais un effort quand même – pour m’identifier à certains personnages qui n’ont pas nécessairement la même orientation sexuelle que moi. Devant ‘Secret story’ ou ‘Glee’, plus besoin de faire cet effort. Je m’installais dans le programme de manière plus spontanée. Tout le monde devrait pouvoir ressentir ça. » Sur mon écran, Brooklyn 9-9 tourne encore, bien qu’en sourdine. À cet instant précis, je croise le regard du lieutenant Rosa Diaz et je comprends parfaitement ce que David vient d’expliquer.

Le créateur de Fusion man tient cependant à ajouter « qu’il peut être nécessaire d’évoquer des thématiques comme le coming out à travers la fiction, pour accompagner les jeunes qui en ressentiraient le besoin ». Néanmoins, la banalisation des différentes orientations sexuelles reste son cheval de bataille. « De nouvelles personnes LGBT naissent chaque année. Si leurs parents ont consommé un grand nombre de fictions comprenant des personnages LGBT, la chose leur paraîtra bien plus naturelle. Dès lors, leurs enfants ne ressentiront peut-être même plus le besoin de faire leur coming out ou alors, la démarche ne leur paraîtra plus aussi pesante. Ryan Murphy impose encore les LGBT comme un sujet en soit. Et il le fait de manière remarquable dans ‘The Politicians’ et à merveille dans ‘Pose’. D’autres scénaristes vont bien plus loin. Shonda Rhimes, par exemple. Dans ‘Grey’s Anatomy’, elle dépeint des personnages lesbiens, mais leur problème n’est pas qu’elles soient lesbiennes. Leurs soucis découlent de leur profession de médecin, car elles ont du mal à soigner tous leurs patients. Dans ‘Scandal’, l’homme politique véreux qui veut accéder au pouvoir, son problème, ce n’est pas d’être homo, c’est d’en finir avec l’héroïne. Dans ‘How to get away with murder,’ les avocats veulent obtenir un jugement clément pour leurs clients et c’est tout. On s’en fout qu’ils soient gay ou trans. »

Grâce à Fusion man, et en tant qu’artiste, David semble enfin pouvoir apporter une réponse satisfaisante à cette question de banalisation. Les prochains tomes s’annoncent d’autant plus symboliques que le chemin fut long, et que le personnage puise ses origines dans un message de tolérance, essentiellement orienté contre l’homophobie. « Aujourd’hui, j’ai simplement envie de divertir mon lecteur. Mais aussi qu’il puisse se dire : ‘Je peux être un super-héros trop cool, avoir un sabre laser, voler…’ Et ce, quelque soit son orientation sexuelle. » Car oui. Que l’on soit né hétéro, bi, gay ou lesbienne, nous méritons tous d’admirer des héros qui nous ressemblent. Et c’est ainsi qu’une fois le téléphone raccroché, la salve d’épisodes de Brooklyn 9-9 que je m’envoyai ce soir-là fut du plus grand des réconforts.

Pour connaître la suite des aventures de Fusion man, rendez-vous sur Fusionman.fr

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