Serviettes réutilisables, cup menstruelle… Quelle meilleure alternative pour remplacer le Tampax de maman ?

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Surproduction de déchets, manque de transparence sur les compositions, tarifs prohibitifs… Les protections hygiéniques siglées Always ou Nana ne nous inspirent décidément plus confiance. Fort heureusement, des alternatives se développent. Cup menstruelle, serviettes réutilisables, produits Bio ou rien du tout, à chacune sa protection éthique et durable.

Vous êtes-vous déjà intéressée à la composition de votre tampon ou de votre serviette ? Sur l’emballage, quelques lignes obscures et… pas grand-chose d’autre. Les grands acteurs du marché préfèrent visiblement garder le mystère sur leurs petits secrets de fabrication. Or, ils semblent oublier que toute la cellulose qu’ils produisent entre en contact direct avec les muqueuses de millions de femmes, chaque jour, depuis de nombreuses années. Avouez qu’on a tout de même le droit de savoir ce qu’on se colle contre la fouf’… Sous la pression des associations de consommateurs, la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraude (DGCCRF) a entamé une étude sur la composition de ces produits en 2018.

Et si cet organisme d’état ne détecte « aucun danger grave et immédiat sur les produits étudiés », les premiers résultats posent tout de même question. En effet, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES), en charge de cette étude, a trouvé quelques substances problématiques dans nos chères protections hygiéniques.

composition protections hygiéniques

Notamment, dans les serviettes :

  • du butylphénylméthylpropional ou BMHCA (Lilial) : parfum de synthèse allergène et suspecté d’être un perturbateur endocrinien ;
  • des hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP) : substances cancérogènes pouvant perturber le système immunitaire ;
  • des pesticides, dont le glyphosate, le lindane, l’hexachlorobenzène, le quintozène et le phtalate de di-n-octyl (DnOP).

On trouve également dans les tampons :

  • des dioxines : molécules pouvant être toxiques ;
  • des furanes : composés chimiques possiblement toxiques ;
  • du DnOP : un pesticide, lui aussi présent dans les serviettes.

Des traces infimes de ces substances ont été détectées. Néanmoins, on ignore si un contact répété avec les muqueuses peut, à terme, devenir nocif. Et il demeure avéré que les protections intimes peuvent être à l’origine de sécheresse vaginale et de mycose. Ajoutons l’importante part de plastique qui compose tampons, serviettes et emballages, la quantité d’eau nécessaire à leur production et l’ensemble de la pollution engendrée… Tout ceci donne le tournis et surtout, envie de rendre ses menstrues un peu plus eco-friendly. Pour ce faire, il existe différentes méthodes, avec chacune ses avantages et ses inconvénients… Pesons le pour et le contre.

serviettes rutilisables

Les serviettes hygiéniques réutilisables et les culottes de règles

Retour au temps de nos grands-mères avec les serviettes réutilisables. Parade à nos habituelles Always, il s’agit en réalité d’un simple protège-slip en tissu absorbant que l’on fixe avec des pressions à sa lingerie. Vendues par lot, certaines sont livrées avec une petite pochette imperméable pour pouvoir stocker sa serviette usagée après s’être changée. Quant à la culotte de règles, elle est fabriquée dans un tissu drainant pour amener le sang vers une membrane, imperméable et respirante. Vous vous en doutez, une fois sales, on lave ces deux types de protections en machine pour pouvoir les réutiliser une fois propres et sèches.

Les pour : de sacrées économies en tampons et serviettes ! En effet, une fois un stock suffisant rassemblé, plus besoin d’en racheter. Sauf peut-être en cas d’usure…
+ Un confort assuré, puisque pour peu qu’on investisse dans de la qualité, les tissus employés sont respectueux de nos muqueuses et bien plus agréables à porter que la cellulose plastifiée qu’on nous impose depuis notre puberté.

Les contre : beaucoup moins discrètes qu’un tampon ou qu’une serviette ordinaire, ces alternatives nécessitent de se promener avec sa protection usagée dans son sac à main après en avoir changé. Tout le monde n’est pas psychologiquement prêt.
– Certaines protections à bas prix sont fabriquées dans des matières peu recommandées. En effet, les tissus comme l’élasthanne, le nylon, le polyamide ou le polyester peuvent empêcher les muqueuses de respirer et donc, provoquer des mycoses, par effet de « macération ». On prend donc garde de n’acheter que du coton et les matières les plus naturelles possible (la fibre de bambou est un bon plan).
– Il faut rincer toutes ces protections à la main et à l’eau froide avant de les passer en machine, où il n’est pas certain que tous les résidus soient bien éliminés. Encore une fois, tout le monde n’est pas psychologiquement prêt.

cup menstruelle

La cup menstruelle

À s’insérer directement dans le frifri, la cup repose à peu près sur le même principe que le tampon. Sauf qu’au lieu d’absorber le sang, elle le « recueille » grâce à sa forme de coupe – d’où son nom, vous l’aurez compris. Pour la vider, il convient de la retirer à l’aide du petit embout situé à son extrémité. Il suffit ensuite de la rincer à l’eau et on est reparti comme en 40 ! Fabriquée dans un silicone souple, elle se plie à l’insertion dans le vagin, puis reprend sa forme initiale dès qu’on la relâche. Une fois le geste maîtrisé, la majorité des femmes ne souffrent d’aucune fuite et ne ressentent aucune gêne. Par ailleurs, à la fin du cycle menstruel, il est plus que recommandé de stériliser sa cup au micro-onde ou à l’eau bouillante, afin d’éviter toute contamination à la prochaine utilisation.

Les pour : encore une fois, de sacrées économies en protections intimes, mais aussi en eau et en électricité, puisqu’il n’est nul besoin de lancer une machine pour nettoyer sa cup.
+ Fabriquée dans un matériau étanche et non-poreux, la cup s’avère bien plus hygiénique que les protections en tissu lorsqu’elle est correctement utilisée. L’effet de « macération » se révèle peu probable et, puisqu’elle est en silicone, tout risque de résidus imprégnés est évité.

Les contre : pas facile de rincer sa cup discrètement en dehors de son domicile… À moins d’être certaine d’avoir accès à un cabinet de toilette équipé d’une vasque individuelle ou d’avoir une coupe de rechange sous la main. Ce qui implique donc d’en garder une sale dans son sac toute la journée avant de pouvoir la laver le soir en rentrant chez soi.
– Il faut être à l’aise avec le risque d’avoir un peu de sang sur ses doigts à chaque retrait, mais aussi ne pas répugner à l’idée de manipuler sa vulve en période de règles.
– Elles sont rares, mais certaines femmes ne parviennent pas à s’habituer à la cup et la « sentent » dans leurs corps tout au long de la journée. C’est mon cas. Et je peux vous garantir que c’est extrêmement gênant et fichtrement désagréable.

règles

Ne rien mettre… DU TOUT (si, si)

Vous vous en doutez, cette alternative consiste à ne mettre ni serviette hygiénique, ni culotte menstruelle, ni cup, ni tampon. On enfile son slip et on part faire sa vie. Cette technique peut convenir aux femmes qui maîtrisent parfaitement leur flux. En effet, certaines sont capables de sentir à quel moment le sang va s’écouler de leur vagin. Elles se rendent donc aux toilettes et l’évacuent dans la cuvette. Bien sûr, ceci n’empêche pas quelques gouttes de sang de tâcher la lingerie, mais beaucoup s’en accommodent très bien. La méthode peut aussi séduire celles qui, sous pilule, n’ont quasiment pas ou très peu de règles. Il s’agit dans ce cas plus de petites saletés noirâtres expulsées par l’utérus que d’un réel écoulement sanguinolent.

Les pour : eh bien, ma foi, si on a le pouvoir de contrôler son flux, autant s’en servir ! Dans cette méthode, tout est question d’aisance. Si l’on s’en sent capable et que l’on n’est pas gênée par les éventuelles tâches, allons-y, osons et sautons le pas !
+ L’économie est totale. Plus de protections intimes, pas de dispositif spécifique à acheter, et nos culottes sales partent en machine comme à l’accoutumée, donc pas de dépenses d’eau supplémentaires. Il faut juste prévoir quelques vieux sous-vêtements à porter en fin de cycle.

Les contre : toutes les femmes ne sont pas capables de contrôler leur flux et il vaut mieux être sûre de son coup avant de se lancer dans l’aventure. Le crash-test avec une bande hygiénique semble de rigueur.
– Côté hygiène, il s’agit de l’une des alternatives les moins recommandées. Macération, résidus imprégnés après lavage… Il faut avoir l’assurance que son flux n’est constitué que de quelques gouttes ou résidus, sans quoi, la mycose nous tend les bras.

serviettes et tampons bio

Les tampons et serviettes Bio

Alternative la plus simple, les tampons et serviettes Bio ne bousculent pas trop nos habitudes, puisqu’ils s’utilisent exactement de la même manière que leurs cousins de la grande distribution. Si certaines firmes comme Always en proposent, il n’en reste pas moins conseillé d’opter pour des marques spécialisées dans le Bio. Pour obtenir le label Bio, un produit doit contenir au moins 95 % d’ingrédients issus de la filière biologique. Les marques sont obligées de s’y plier. Néanmoins, les entreprises spécialisées prennent plus grand soin d’employer les composants les moins nocifs possible et se montrent plus concernées par les problématiques environnementales. La plupart n’utilise que peu, voire pas de plastique, et s’attellent à proposer des emballages moins polluants. On peut, par exemple, trouver des bandes hygiéniques pliées dans des emballages individuels en papier. Et si, il y a encore quelques années, les magasins Bio vendaient des serviettes assez épaisses et désagréables à porter, l’offre s’est considérablement développée et n’a presque plus rien à envier aux grandes marques.

Les pour : pour peu qu’on les choisisse avec rigueur, les tampons et serviettes Bio ont une composition bien plus respectueuse de nos muqueuses.
+ Simples à utiliser : on se change et on les jette. Pas besoin de rincer à l’eau ni de lancer une machine.
+ Changée à heure régulière, la protection jetable reste la plus sûre du point de vue de l’hygiène. Aucun risque de contamination due aux résidus d’un précédent usage ou à une maladresse.

Les contre : matériau non-polluant ou pas, un déchet reste un déchet. D’autant plus que souillé, une serviette hygiénique ou un tampon part tout droit à l’incinérateur.
– Pour trouver la protection parfaite, il faut prendre le temps de bien lire l’étiquette, se renseigner sur les composants potentiellement problématiques et, si on se sent concernée, veiller à choisir le produit avec le moins d’emballage plastique possible.
– Les protections hygiéniques Bio répondant à tous les critères de qualité et d’éthique environnementale ne figurent généralement pas parmi les moins chères…

Vous avez désormais toutes les clés en main pour choisir la protection intime qui vous correspondra le mieux… En attendant que le Gouvernement légifère pour les rendre toutes gratuites et éthiques (croisons les doigts) !

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Merci à drawart_alex d’avoir illustré cet article au pied levé

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