L’Avocate du diable (1/3) : Gwyneth Paltrow, gourou d’une secte bien-être ?

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Trois femmes… injustement détestées ? Ces prochaines semaines, je me joue l’avocate du diable pour tenter de défendre celles que l’on présente bien souvent comme indéfendables. Dans ce premier épisode, je me penche sur le cas de Gwyneth Paltrow et de sa marque bien-être, Goop.

En France, Gwyneth Paltrow est avant tout connue pour sa carrière cinématographique. De son second rôle dans Seven à son Oscar pour Shakespeare in love, elle connaîtra des débuts prestigieux, avant de s’orienter vers des productions grand public, qui lui permettront d’accepter des rôles plus ambitieux entre deux blockbusters. Ainsi, elle incarnera Pepper Potts, grand amour devant l’éternel d’Iron man dès 2008, mais aussi une chrétienne fanatique dans le Courir avec des ciseaux de Ryan Murphy en 2006. Très amie avec ce dernier, elle accepte par ailleurs des rôles récurrents dans deux de ses séries : la cultissime Glee et la dernière née, The Politician sur Netflix.

Cette tension sexuelle en aura fait frissonner plus d’un.

De nos contrées, si l’on a une vague idée des talents culinaires de Gwyneth pour avoir connu plusieurs traductions de ses livres de recettes aux éditions Marabout, on découvre à peine l’écosystème Goop, marque créée par l’actrice en 2008. D’abord simple newsletter de recettes diététiques, Goop est peu à peu devenue un empire du lifestyle. Mutée en site d’informations axé bien-être, beauté, cuisine, mode… L’entreprise s’enrichit bientôt d’une boutique en ligne remplie de vêtements, d’accessoires bien-être, de produits de beauté et de compléments alimentaires. Et, comme si l’ensemble n’était pas encore assez riche, Gwyneth et son équipe animent désormais des podcasts, des séminaires, et même un show sur Netflix intitulé The Goop lab.

Goop : une officine malsaine ?

En 2020, Goop fait figure de rouleau compresseur du bien-être. Des cures détox aux masseurs en quartz rose, le site ratisse large et mise sur l’alternatif, le non-conventionnel. Les équipes s’orientent vers l’expérimental, tentent des thérapies et des méthodes tantôt loufoques, tantôt spectaculaires. Dernièrement, The Goop lab nous a permis d’observer Gwyneth et ses sbires plonger dans des eaux glacées ou tester une thérapie basée sur la prise de psychotropes. Et c’est là que l’on entrevoit le procès intenté à Gwyneth Paltrow se dessiner en filigrane. En effet, les discours de Goop sur certaines médecines et thérapies manquent cruellement d’objectivité.

the goop lab
L’équipe de Gwyneth Paltrow s’apprête ici à plonger dans une eau glaciale.

Le site a souvent été la cible de vives critiques, notamment en raison de recommandations effectivement dangereuses. Les exemples ne manquent pas : toilette intime à la vapeur, patch guérisseur, œufs de jade destinés à muscler son vagin… Gwyneth cultive une image de hippie moderne légèrement azimutée pour les uns, de gourou charlatan et pourvoyeuse de pseudo-miracles pour les autres. Et si ni les uns, ni les autres n’ont tout à fait tort, il serait, à mon sens, tout de même dommage de jeter Goop entier à la poubelle pour ses écarts de conduite. Des écarts non-négligeables, certes. Toutefois, il faut tenir pour légitime responsable une logique commerciale américaine où le soufre a toujours servi et servira toujours à attirer l’attention. Rien ne sert d’alimenter la haine : Goop s’en nourrit.

gwyneth paltrow

Culte de la personnalité et misogynie

Il est un aspect de Goop que j’admire et que je déplore à la fois : sa communcation centrée autour de Gwyneth Paltrow. J’admire certains messages véhiculés à travers sa personnalité. Le fait qu’elle n’ait pas peur d’avouer son âge, de se montrer au naturel, rides apparentes, le visage peu maquillé… Ses petites leçons de vie déculpabilisantes sur son rapport au sexe, à son corps, à la nourriture. Ces discours m’inspirent volontiers. Néanmoins, je déplore qu’ils soient souvent utilisés pour faire la promotion de produits hors de prix, à l’utilité parfois dangereuse et discutable – pour en revenir à la polémique sur les œufs de jade. En revanche, je ris de bon cœur à l’évocation de sa désormais célèbre bougie This smells like my vagina que je perçois davantage comme un hilarant pied-de-nez aux haters, que comme un réel coup marketing fantasque. Je ne dépenserais pas 75 $ dans la blague pour autant, mais je le confesse : elle me fait sourire.

bougie this smells like my vagina
Littéralement : « Ceci sent comme mon vagin » (jvous rassure, en vrai ça sent les fleurs… Un peu comme MA vulve).

Par ailleurs, je ne peux m’empêcher de penser qu’une partie de la haine qu’elle galvanise provient très certainement du fait que Gwyneth Paltrow est une femme. Grande, blonde, mince, jolie… Vedette d’Hollywood recyclée avec succès. Le genre d’individu féminin que l’on adore détester. D’autant que lorsqu’elle commet une faute, la faute en question est objectivement difficile à pardonner. Je ne minimiserais pas les problèmes majeurs que l’on peut déceler dans le discours de Goop. Néanmoins, je crois sincèrement que si Gwyneth Paltrow avait eu et cultivé une image d’ « outsider » comme Lizzo de nos jours, une minorité aurait peut-être eu tendance à sourire en coin en plaidant la folie douce. Oui, j’ose suspecter un brin de Skinny blonde shaming – je viens de breveter l’expression – derrière toutes les insultes gratuites que l’on peut lire à son égard sur les réseaux sociaux à chaque polémique.

gwyneth paltrow

Un peu d’amour

Pour conclure, je ne me risquerais pas à faire la promotion de Goop, toutefois je me dois d’admettre que j’aime Gwyneth et son site Internet. Parce que j’apprécie les messages positifs qu’elle peut véhiculer, mais aussi et surtout ses fameuses et fabuleuses recettes. Pour avoir tenté l’expérience de cuisiner façon Paltrow, il n’en ressort que des aspects positifs. Grâce à elle, j’ai découvert des produits que je ne savais pas cuisiner, comme la graine de chia, le kale, le sucre de coco… Le tout, dans une explosion de saveurs qui me subjugue à chaque nouvel essai.

Enfin, tandis que certains vont jusqu’à boycotter Netflix pour protester contre The Goop lab, je n’ai, pour ma part, que de l’amour pour cette mini-série. Parce que, d’une certaine façon, j’y crois. Je veux croire en certaines thérapies alternatives comme les champs d’énergie, les expériences hallucinatoires, la clairvoyance… De là à ne me nourrir que de betteraves pour soigner mon éventuel cancer, il n’y a qu’un pas que je ne franchirais pas. Il nous appartient de cultiver un sens de la demi-mesure et un certain esprit critique face à tout ce que l’on pourrait nous présenter d’irréfutable. Or, à l’heure du savoir prémâché à portée de clic, ce simple bon sens semble étrangement se raréfier…

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2 Replies to “L’Avocate du diable (1/3) : Gwyneth Paltrow, gourou d’une secte bien-être ?”

  1. Hello ! Je suis d’accord avec toi, la bougie senteur vagin à la limite c’est rigolo mais elle préconise certaines pratiques comme le « sauna vaginal » (ça tourne beaucoup autour de ça quand même….) qui peuvent être carrément dangereuses. Je trouve qu’elle peut nous faire rigoler un moment mais perso je vais me limiter au chou kale
    A très bientôt,
    Theodora

    J'aime

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