Arriver à l'heure

Le jour où… je suis presque arrivée à l’heure

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C’est l’histoire d’une nana qui n’a jamais été copine avec les horaires. Qui n’a, non plus, jamais eu la volonté de l’être. Et qui a, de plus, la mauvaise foi de prétendre le contraire. Cette fille-là, c’est moi.

« En retard. » C’est souvent par cette locution adverbiale que l’on me qualifie lorsqu’une soirée s’apprête à commencer. « Lily sera en retard, le métro n’est pas passé, elle me dit qu’elle prend le prochain. » J’ai toujours une bonne excuse. La chose a vite agacé mes pires potes… et amusé les meilleurs. Tant et si bien, que lorsque Franck – mon gars sûr tmtc – me donne rendez-vous pour 20 heures le lendemain, je réponds : « Ça marche, je serais là à 21 heures. » À genoux devant la fatalité, il acquiesce systématiquement, douloureusement résigné. Ma vie a toujours été semblable à celle du lapin blanc. Je cours, je n’ai pas le temps de dire au revoir, je suis en retard, en retard…

en retard

Je tiens cette pénible manie de ma mère. Quoi que. Un peu de mon père aussi, puisque nous partageons la même mauvaise foi sur le sujet. Lui rejette la faute sur ma mère. Moi, sur la providence. Dans notre cocon familial, personne n’a jamais été à l’heure. Si, par malheur, l’un des trois déclarait : « Il ne faut pas qu’on soit en retard », la panique était tout bonnement générale. Et ça se bousculait aux toilettes, dans la salle de bains, jusqu’au placard de l’entrée. Ma mère et moi nous disputions un miroir pour nous maquiller. Mon père et moi nous battions pour savoir qui allait sortir le chien. Mon père et ma mère hurlaient qu’il fallait se dépêcher. Le stress de l’horloge, nous n’avons jamais su gérer.

panique

Éternelle panne de réveil

Conséquence de ce triste héritage, je ne connais que que très peu la satisfaction qu’il incombe au fait d’être en avance. Lorsque je les reçois, mes amis ont l’habitude de patienter au salon pendant que je termine mon brushing, mon trait de liner, mon sac pour les prochaines vendanges. J’oublie toujours quelque chose et je le bâcle systématiquement à la dernière minute. Le pire des cas reste bien évidemment le rendez-vous amoureux. Mes exs peuvent en témoigner. Au cumul, ils m’ont attendue des heures, des jours, voire des semaines durant. À bien y penser, j’aurais dû mettre plus fermement le grappin sur le dernier. Car quand j’avais deux heures de retard, lui, en avait trois.

conversation messenger

J’ai appris néanmoins à me présenter aux bonnes heures lorsque la cause importait. Rendez-vous médical, entretien d’embauche, travail… Enfin, à peu de choses près. Je me débrouille en effet pour ne jamais avoir à me lever tôt. Mon meilleur job fut certainement au Progrès, où je travaillais de 14 h 30 à 22 h 30. Je n’y ai jamais été en retard, puisqu’il était inutile de programmer un réveil pour m’y rendre. Car oui, je suis insomniaque. Et le manque de sommeil rend l’alarme du téléphone d’autant plus dure à entendre. Chez moi, au matin, trois alarmes s’enclenchent à quinze minutes d’intervalle. Et se répètent inlassablement pendant une heure. Il m’arrive parfois de n’en entendre aucune (je suis sérieuse, ne riez pas).

Moi, sur le chemin du taff.

Panique absolue

Le retard est tant une seconde nature pour moi que, lorsque j’arrive à 5 ou 10 au lieu de pile, j’envisage la chose comme un exploit. Ainsi, je considère me rendre relativement à l’heure sur mon lieu de travail actuel. Au-delà, l’incident est toujours justifié. Je dissimule peut-être un brin de mauvaise foi, mais je vous promets que je suis sincère. Ceci n’empêche pas la panique absolue de s’instaurer, tous les matins, lorsque mon réveil sonne. Et c’est encore arrivé mercredi dernier. J’ouvre un œil, puis l’autre. Mon chien commence à s’étirer, puis se met à aboyer contre la tablette, le téléphone et le radio réveil, qui ne cessent de faire vrombir leurs alarmes. La tolérance ébranlée du bichon constitue mon dernier rempart. Je me lève.

Mon chien est cependant moins délicat.

Et là, l’angoisse m’assaille. Il est déjà et quart ! Je suis censée partir à la demie. Je rue dans les brancards, me brosse les dents, me coiffe, jette mon pyjama dans le panier à linge, attrape un tube de rouge à lèvres et un autre de mascara. Cinq minutes. Je suis prête. Hey, finalement, j’ai encore le temps de prendre un Starbucks sur le chemin. Je cours jusqu’à l’enseigne américaine chérie, où mon barista évoque la pluie qui tombe. Et mince, j’ai raté le premier bus. Si je prends le deuxième, je peux encore arriver à 09 h 05, dernier délai pour pointer à mon poste. Ma course folle reprend jusqu’à l’arrêt, où je crache mes poumons de fumeuse asthmatique, mais où je parviens à monter dans le bus. Sauvée.

ouf

Porte close

Dernier arrêt. Il est 09 h 03. Plus que deux minutes. J’accélère pour arriver enfin sur le perron. Je reprends mon souffle et tape le code d’accès. La porte reste close. Je panique et garde mon doigt sur la sonnette. Personne. Je réfléchis. J’ai encore le moyen de pointer via l’application sur mon téléphone – une option réservée aux déplacements professionnels. Tant pis. Après tout, je suis là. C’est seulement cette fichue porte qui déconne. Je m’y attelle et pousse un soupir de soulagement. Cette formalité remplie, je décide d’appeler une collègue à la rescousse pour qu’elle vienne m’ouvrir. Elle décroche aussitôt. « Allô, Flavie ? T’es bien au boulot, là ? »

téléphone

Je l’entends presque froncer les sourcils et réfléchir à l’autre bout du fil.
« Bah non, pourquoi ?!
– Ha, mince ! Parce que je suis devant et, chais pas, c’est bizarre : j’ai beau taper le code, la porte ne s’ouvre pas…
Ben, jpense que c’est normal. Il n’est que 08 heures. »
J’en reste comme deux ronds de flan. J’avais couru pendant trois quarts d’heure, les yeux rivés sur ma montre, focalisée sur les minutes. J’en avais oublié de regarder les heures. Même sur le pointage mobile, rien ne m’avait paru suspect. Ainsi donc, suis-je arrivée avec une heure d’avance à mon travail. Un miracle jamais usité, et ce faisant, loin d’être renouvelé. En effet, dès le lendemain, je suis arrivée à 09 h 05… encore essoufflée. Comme d’habitude.

Sur ce, rendez-vous dimanche prochain à 09 heures tapantes,

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3 Replies to “Le jour où… je suis presque arrivée à l’heure”

  1. Bonjour!

    En tant que maniaque de l’heure dont l’adage est « L’heure c’est l’heure. Avant l’heure ce n’est pas l’heure, après l’heure, ce n’est plus l’heure. », je trouve qu’il faut un effort monstre pour constemment arriver en retard. C’est un concept que je ne comprends absolument pas. Malheureusement pour moi (à cause de mon côté maniaque), j’ai eu par le passé des amis qui étaient constemment en retard. Ce qui avait le don de m’agacer.

    Alors j’ai eu une « petite » astuce, bête comme chou : Je donne une heure de rendez-vous en proportion du retard de la personne (15h00 au lieu de 15h30 par exemple). Comme ça, la personne arrive à l’heure que je souhaite (15h30), alors qu’elle pensait être en retard. Et moi j’arrive volontairement après, parce que je me suis donnée un autre horarire. Ou si c’est la personne en retard qui me donne un horaire, j’arrive à l’heure à laquelle elle sera certainement là.
    Comme ça, pas de pression, pas d’agacement et on passe tous un bon moment 🙂

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  2. Bonjour 🙂
    Sauf que ce n’est pas une demi-heure en plus qu’il faut prévoir avec moi, c’est plutôt trois ou quatre heures :’D
    Mais bon, ce n’est pas la mer à boire, puisque comme le disait Julie Andrews dans le classique adoubés par tous les cinéphiles Princesse malgré elle, « une reine n’est jamais en retard. Ce sont les autres qui sont bien trop en avance ».

    Aimé par 1 personne

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