troisième semaine de confinement

Décoloration, sexting et procrastination : errances en troisième semaine de confinement

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Après avoir failli être achevée par le virus lors de ma deuxième semaine de confinement, j’envisage désormais d’enseigner l’art de tourner en rond. En visioconférence et moyennant finance.

gueule de bois

Lundi 30 mars – Gueule de bois

Comme vous le savez, hier soir, j’ai fêté mon anniversaire. Seule et confinée, mais néanmoins décidée à ne pas me laisser abattre. De ce fait, j’ai mis ma plus jolie robe, mes cuissardes de salope et j’ai sabré le Crémant – pas le Champagne non plus, faut pas déconner. Et j’ai appelé l’un de mes amis les plus proches en visio pour mieux vider la bouteille à distance. Nous avons joyeusement festoyé jusqu’à 4 heures du mat’ en twerkant comme des demeurés dans nos salons respectifs. Jeunesse dépravée et pathétique.

twerk
Moi (en plus bonne).

Résultat, ce matin, j’ai mal à la tête et dois pourtant télétravailler. Le front sur le clavier, j’entame une sieste improvisée… quand mon téléphone sonne. C’est ma chef. « Aurélie, pourrais-tu monter une vidéo avec des petits poissons dessinés par des enfants ? C’est pour le 1er avril. » Soit. Un grand café et une posture du pigeon plus tard, je carbure. Autant que mon ordinateur me le permette. Car, pour compléter le tableau, la machine a décidé de ne pas collaborer. En même temps, je comprends. Je pue la sueur et la vinasse. Le pauvre est excédé.

GIF réaction Samantha Jones

Mardi 31 mars – Lily et les garçons

J’essaye tant bien que mal de me concentrer sur mon travail… J’ai bien dormi hier soir, bu une petite tisane et me suis levée tôt. Je suis prête et parfaitement disposée à reprendre le cours de mon activité professionnelle. Et puis, et puis… Je reçois un DM Instagram des plus perturbants. C’est ce type ultra sexy, croisé à maintes reprises, et à l’apparence propice aux rêveries vicieuses. Non. Je ne dois pas répondre. Pas tout de suite. Le travail d’abord. Quand soudain. Message vocal sur WhatsApp.

soupir

Il a répondu… Lui, c’est un vieil ami expatrié à l’étranger. Lui, c’est peu de choses. Quelques entrevues furtives dans une ancienne vie, puis dans une nouvelle. Et plusieurs nuits blanches. Nous sommes liés par une complicité qui, à son orée, fut presque spontanée. Bref, je l’aime bien, ce con. « Bon, ben, encore joyeux anniversaire. Et si tu t’ennuies pendant le confinement, eh bien… You know what I mean. » Of course que je know ! Mais je TRAVAILLE, moi, monsieur ! Ô Seigneur, que le célibat confiné est épuisant…

fatigue

Mercredi 1er avril – Le violet est une couleur chaude

Je m’ennuyais tellement hier soir que j’ai fait une décoloration en direct sur Instagram. Et mes potes s’ennuyaient tellement qu’ils sont venus vérifier que mes cheveux n’étaient pas en train de fondre. Ma foi, ils n’ont pas fondu. Du moins, pas encore. Au réveil, j’ai eu un choc en entrant dans la salle de bains. J’avais oublié cette sombre histoire de décoloration. La vision de mes racines jaunes me l’a brutalement rappelé. Il faut vraiment que j’arrête de faire n’importe quoi de ma personne. Sans quoi, je vais sortir de cette épidémie alcoolique, morte de fatigue à force de sexter toute la nuit et pourvue d’une tonsure jaunâtre.

Justin Timberlake
Oui, Justin, qu’on se le dise, c’était une hérésie capillaire.

Le boulot plié, je m’attaque aux travaux de réhabilitation. Premier challenge, me teindre les cheveux. Le violet me semble tout indiqué. Je suis mignonne en violet, j’ai l’air d’une combattante de Dead or alive. Enfin, je crois. Deuxième challenge, enlever mes poils qui poussent en jachère depuis la fermeture des bars, il y a trois semaines. Et me voici, un pâté violet sur la tête et la vulve pleine de crème dépilatoire, prête à reprendre mon confinement en main. À chacun ses combats.

Jeudi 2 avril – Obsessed

Aujourd’hui, tout va bien. Je suis imberbe, j’ai une colo qui déchire et j’assure au taff. J’ai recommencé aussi à me maquiller le matin pour ne pas devenir folle. Bref, je vole désormais très haut au-dessus de toute cette épidémie. Plus rien ne m’atteint. Jusqu’à ce que… je reçoive un SMS de mon ex. « Tu es la seule personne avec qui j’aimerais être confiné. » Excédée, je réponds en citant Mariah Carey lors de sa célèbre embrouille avec Eminem : « Why you’re so obsessed with me? Boy, I wanna know. » Littéralement.

Mariah Carey

Plus tard, je m’assois à la fenêtre en ruminant ma haine. J’allume une clope – oui, j’ai encore craqué – et je raconte l’anecdote en DM à Gwen.
« Nan mais, sérieux !? Ça fait trois ans, maintenant. Il faut vraiment qu’il passe à autre chose, là. Ça devient grave.
Il y croit encore. Que veux-tu que j’te dise ? L’espoir fait vivre !
– Ouais, ben… À ce rythme-là, il va finir bicentenaire, le gars. »
J’explose de rire. Si bien que je laisse tomber ma clope. Dehors. Par la fenêtre. Bon Dieu, quelle vie de merde…

Stallone facepalm

Vendredi 3 avril – Le bruit des pantoufles

Je vis un paradoxe. Je suis confinée avec rien d’autre à faire que m’occuper et pourtant, j’arrive quand même à me trouver débordée. Je procrastine toute la journée en tournant en rond dans l’appartement. C’est la stricte vérité. Mon casque de montage sur les oreilles, je fais des allers et venues sans discontinuer, au rythme de Hole, les Runaways et consorts. Désormais, au lieu de se plaindre de mes longues séances de chant, mes voisins vont devenir barjots à force de bruits de pas.

visage fou
Ma voisine du dessous aux alentours de 4 plombes du mat’

Afin d’arrêter ma course folle, je me suis assise par terre dans le salon pour trier les montagnes de papiers que j’accumule depuis l’obtention de mon Master. Et, j’ignore pourquoi, mais à chaque fois que j’exécute ce genre de tri, je tombe sur des dizaines de tickets de cinéma, parsemés ici et là. Une nouvelle distraction, encore. J’envoie à Angélique celui de Ma meilleure amie, que nous étions allées voir ensemble il y a quatre ans. Elle me répond que ces quatre ans lui en paraissent désormais dix. « Pareil, copine, pareil… »

Tickets de cinéma
C’est dingue ce que je peux accumuler comme merdes…

Samedi 4 avril – Surcharge émotionnelle

Tiens, Zaynab a répondu à mon message vocal. « Je suis contente de t’entendre. Je ne suis pas étonnée qu’on t’ait diagnostiquée hypersensible. Tu as toujours été empathique à t’en bouffer l’existence. Ce n’est pas forcément simple, parce que tout te heurte. Néanmoins, ça te rend incroyablement attachante. » Ça y est, je chiale. Zay trouve toujours les bons mots. Je m’en veux d’autant plus d’avoir attendu le confinement pour prendre de ses nouvelles. Alors qu’elle, elle m’en demande régulièrement. J’ai salement honte. Et merde, je crois que je fais un genre de crise d’hypersensibilité.

stress

Dimanche 5 avril – Liberté, liberté chérie

Quand je vois ce magnifique ciel bleu, j’ai envie d’attraper ma veste, d’aller boire un verre et de rentrer tard. Avec le barman. J’ai envie de courir les magasins. De sortir mon chien, un gobelet Starbucks à la main. « C’est dingue, on n’en a pas fondamentalement besoin, ni envie… Et pourtant, quand on nous prive de certaines choses, on devient fous de ne plus les avoir », m’envoie l’amant expatrié. Décidément, je suis entourée de philosophes. « Et sinon, tu ne me montrerais pas comme tu es jolie, aujourd’hui ? » Ma foi, puisque nous n’avons plus que ça comme loisir… Jetons-nous dans l’onanisme.

striptease
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