cinquième semaine de confinement

Cinquième semaine de confinement… Au bord de l’épuisement nerveux

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Frustrée, fatiguée, énervée. Ma nouvelle semaine confinée ressemble tristement aux précédentes. À ceci près que l’impatience règne. Toujours un peu plus.

GIF texting

Lundi 13 avril – Let’s stop talking about sex, baby

Cette après-midi, j’avais envie d’un dirty talk bien sale. J’ai donc envoyé un message équivoque au démon de mes DMs. Il me répond que je suis bonne… et embraye sur l’ameublement de son appart’. J’ai soudainement pour projet de me pendre. Bon, ce n’est pas la panacée, je vais mettre la chose en pause et y revenir plus tard. De toute façon, je deviens malade de frustration à force de confinement. Restons sages. Je change d’interlocuteur et opte pour le pote de mon précédent mec.

GIF flirt

Il tire des plans sur la comète :
« Hâte que le confinement soit terminé, pour regarder un gros nanar purulent avec toi.
– T’es pas prêt à subir mon préféré… C’est un désastre industriel qui a failli couler le label qui l’a produit. Sorti le 11 septembre en salles. La débâcle était totale.

J’vois pas… Ça pourrait être tellement de films.
– Si j’te dis Billie Frank ?
Glitter, obviously. »

Gosh. Le mec est définitivement parfait. J’ai envie d’encadrer ce moment et de l’accrocher au mur pour m’en souvenir toute ma vie. (…) Seigneur ! La solitude me fait perdre les pédales.

Glitter Mariah Carey

20 heures. Ça y est. Fœtus 1er a parlé. On vivra confiné jusqu’au 11 mai. Je n’ai plus rien à boire. Reste à tirer sur ma cigarette électronique jusqu’à ce que mort s’en suive. Je crois que mes nerfs lâchent. Je me remets à tourner en rond avec mon casque sur les oreilles. Et je chante. Fort. Et faux. « MAMA I’M IN LOVE WITH A CRIMINAAAAAAALLLL… » Sainte Britney, priez pour nous. Allons, allons… Si la princesse de la pop a survécu à l’année 2007, je peux bien serrer les dents encore un mois. Ceci dit, j’ai beau m’auto-bassiner de mantras inspirants, j’en ai quand même gros sur la latte.

meme Britney Spears

Mardi 14 avril – Virée entre filles

Je sors tout juste de ma journée de télétravail et je me presse pour aller faire quelques courses. J’ai plus de yaourts mangue-passion au lait de coco. Or, j’aime les yaourts mangue-passion au lait de coco. À la caisse, alors que je remballe ma demi-douzaine de kits d’épilation – on ne sait jamais – mon portable vibre à nouveau. C’est Justine.
« Meuf, je vais m’aventurer devant chez toi en allant au Cora drive. Tu passes une tête à la fenêtre ou c’est comment ?
– Mieux que ça. Je sors du Auchan, là. Je peux te dire bonjour à un mètre de distance recommandé.
– Rha, putain ! J’en espérais pas tant. Je me mets du mascara et on se retrouve en bas de ta rue dans deux minutes. »

GIF fête

Et deux minutes plus tard, elle est là. Devant moi. Je ressens tellement de joie en cet instant instant précis que c’en est presque démesuré. Nous ne faisons que remonter brièvement vers ma résidence. Néanmoins, j’ai l’impression d’avoir vécu un moment de sociabilisation d’une force incomparable. Quelques instants plus tard, Justine me renvoie un message.
« Ça m’a fait tellement plaisir de te voir quelques minutes. T’es le premier humain que je vois depuis un moment.
C’est quoi un humain, déjà ? »
Ou l’aveu du désespoir.

All by myself

Mercredi 15 avril – Pétage de plombs en règle

La journée commençait bien. Moins de sommeil en retard, le temps pour une douche avant d’aller bosser. Mes cheveux en rêvaient. La décoloration maison a des conséquences. J’ai les pointes plus sèches qu’une éponge oubliée sur un muret dans la cour arrière en plein mois d’août. Mon nouveau soin violet a bien déjauni mes racines : la chose relève presque du miracle. Et, alors que j’effectue un brushing sommaire, d’un coup d’un seul, le sèche-cheveux ne répond plus. Coup d’œil aux fils dénudés que j’essaye d’ignorer depuis des mois : le contact est rompu. Et merde.

sèche-cheveux
Petit ange parti trop tôt…

Tandis que je pleure le départ de mon magnifique séchoir ionique Elle by Beuer, le boulot m’appelle. Je rassemble donc tout mon courage, afin de rester professionnelle malgré la perte de cet être cher. Je démarre tant bien que mal ma journée de travail, lorsque soudain… La moutarde me monte au nez. Tensions banales de bureau, renforcée par la mise à cran d’êtres humains confinés. J’adore mes collègues, mais des fois, ils me gavent sévère. Et inversement. Comme tout le monde, en somme. Toutefois, effet confinement oblige, aujourd’hui, je vois rouge.

rondoudou énervé GIF
Moi, ma petite voix fluette et mes yeux de manga péroxydés, prêts à en découdre.

Et me voilà, après avoir pointé en sortie, en train de dévaler l’escalier de ma résidence, en body moulant et talons hauts, simili cuir sur les épaules. Ma tenue de rockeuse de supérette veut exprimer toute la rage étouffée derrière mon écran. Je fonce au bureau de tabac. « Deux Chester en 25 s’il vous plaît. » Puis, au Monoprix. « La bouteille de gin Bombay juste derrière vous… Oui, celle-là. » Je rentre, j’allume une clope, j’ouvre la bouteille et enfin, j’appelle Gwen.
« Putain, meuf, j’en ai ras le cul !
Te plains pas. Moi, je suis enfermée avec mon ex et mes deux gosses. »
Ouais bon, j’avoue. Tout est relatif.

GIF à la tienne

Jeudi 16 avril – Une sombre histoire de slip brésilien

« Votre colissimo a été livré. » Seigneur, ma commande Fenty X Savage by Rhianna est arrivée ! Je ne l’espérais plus. La pause de midi s’imposant, je fonce à la boîte aux lettres. À ma grande surprise, tout est parfait… Soutien-gorges, culottes : je ne compte rien retourner. Je termine ma séance d’essayage par un charmant slip brésilien impression léopard lamé. Je l’enfile, la chose paraît fort plaisante dans le reflet du miroir. Cependant, je ne sais pas. Il y a comme quelque chose de bizarre. Je ne suis pas vraiment à l’aise. Je me retourne, me contorsionne pour m’examiner dans la glace, touche…

Savage X Fenty
L’objet du délit (évidemment que ce n’est pas moi sur cette photo, calmez-vous, les gars)

Mon Dieu. J’ai compris. La culotte est fendue sur toute la longueur de la salle de jeux. Bien que seule devant mon miroir, j’écarquille les yeux et me trouve penaude de porter un vêtement aussi osé. Moi, qui pourtant ne suis pas du genre coincée. J’entends presque ma grand-mère me traiter de roulure du fond de son urne. Et soudain, j’explose de rire. Seuls les murs me répondent en écho. Décidément, la solitude me pèse. Finalement, je m’observe une dernière fois dans le miroir. Hum, ma foi, pourquoi pas… Cette petite chose ouvre subitement de nouvelles perspectives.

GIF pensif

Plus tard, j’envoie à Maud quelques photos de mes achats. La copine est enthousiaste. Elle se moque toutefois allègrement de ma crédulité quant à l’affaire du slip brésilien.
« Spèce de crétine, qu’est-ce t’as pas compris dans le terme « fendu » ?
– Ben, en fait, j’ai pas fait gaffe, je ne l’ai pas remarqué quand j’ai passé commande.
– Et tu vas en faire quoi ?
– J’ai dit à ma mère que j’allais le retourner. En vrai, ça m’inspire quelques idées.
– Meuf, c’est un gros gode que t’aurais dû t’acheter. »
Pas faux.

GIF frustration

Vendredi 17 avril – Frustration et porte vitrée

Il a cédé. Le démon m’a réécrit. Et je meurs de frustration à sa seule vision sur mon écran. Chaque jour un peu plus. Le second est revenu aussi. Et j’ai envie de mater tellement de films avec Bruce Campbell en sa compagnie que c’en devient indécent. Résultat, je n’arrive pas à dormir et me suis remise à faire les cent pas, casque sur les oreilles. Occupée à ruminer ma rage et à massacrer les plus grands standards de Cher, je n’ai pas pris garde à la porte vitrée du salon – un obstacle pourtant bien visible sur mon chemin. Ma lèvre a triplé de volume. Et maintenant, je saigne. Bordel de merde.

Cher GIF
Ouais, ouais, continue à faire ta maligne sur ton canon…J’te retiens, Cher !

Samedi 18 avril – Fatigue

En deux jours, j’ai dû dormir trois heures en tout. Mes pieds ne me portent plus. J’essaye de lutter contre le sommeil, car je n’ai accompli que la moitié de ma to-do list aujourd’hui. Allez, juste un paragraphe. Encore un tout petit para…… ZZZZZzzzzZZZ.

GIF endormi

Dimanche 19 avril – Réflexion abandonnée

Emmitouflée dans un plaid, roulée en boule sur mon « canapé » – en fait un ersatz de clic-clac Ikea d’étudiante, je rattrape la saison 3 de The Chilling Adventures of Sabrina. Sirotant mon thé gingembre-citron, je m’imagine commenter l’épisode du jour avec Bastien, Dylan, Maud ou encore Justine… Je nous revois rire. Autour d’un verre en terrasse, essayant des rayons entiers de fringues chez H&M, se retrouvant pour un ciné improvisé après le travail. Et soudain, je me demande… Nous rendra-t-on l’insouciance d’avant épidémie une fois ces heures sombres dissipées et le confinement levé ? Soupir. Je démarre un nouvel épisode. Dans le fond, mieux vaut ne pas y penser.

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