Pourquoi j'aime Madonna

Pourquoi j’aime Madonna… Et tout ce que cette femme que je ne rencontrerais sûrement jamais a apporté à ma vie

Scroll down to content

Madonna. Une légende contenue en seulement sept lettres. Adorée, détestée, célébrée, conspuée… Peu importe. Elle demeure et demeurera une immense icône devant l’Éternel. Et les années ont beau passer, rien ne change. Je me sens toujours fébrile à sa seule évocation. Récit d’une longue histoire d’amour.

Fan. Jamais objective, aveuglée par l’admiration. De l’esprit critique, j’en dispose rarement lorsqu’il est question de cette idole. Médire Madonna en ma présence, c’est s’assurer à coup sûr mon désamour pur et simple. Ou selon, l’assurance de se voir définitivement débarrassé de moi. Je l’aime. D’un amour purement et simplement irraisonné. D’une groupie hystérique je dresse ainsi le portrait. Néanmoins, loin de collectionner vinyles et autres objets sacrés, ma dévotion s’établit à un tout autre niveau. En effet, j’entretiens avec cette icône une relation bien plus intime. Autant qu’elle puisse l’être…

madonna

Première rencontre

Je me souviens exactement de la première fois où j’ai vu Madonna sur l’écran de télévision encore cathodique du salon familial. Je devais avoir à peine six ans. La recontre eut lieu sur Mtv. Une rétrospective de ses clips vidéo. Elle sautillait dans little Italy, dansait sur un fond noir et se jetait au cou d’un garçon. C’était Papa don’t preach. Je n’y ai absolument rien compris, mais j’ai immédiatement été happée, fascinée. Cette fille, sur l’écran, était fabuleuse. Son air hautain et je-m’en-foutiste irradiait de tout son éclat. Oui, même dans ce clip-là. Elle était libre et rien ne semblait pouvoir ébranler sa confiance. Et nous, demeurions misérables face à cet aplomb et cette force de caractère qui crevait déjà l’écran. Sans vraiment pouvoir l’expliquer à l’époque, j’ai instinctivement compris ce que cette femme représentait. Et l’amour a ainsi jailli.

Madonna dans Papa don't preach
Si tu m’aimes vraiment, offre-moi ce T-shirt

À mes côtés sur le canapé, ma mère s’est alors mise à chanter. Et mon père, à commenter. Comme elle était belle, talentueuse, révolutionnaire. Je l’ignorais encore, mais à ce moment-là, je découvrais que j’étais élevée par deux fans. Qui, sur ce canapé, dans cet appartement en sous-pente de la banlieue messine, venaient me tendre un flambeau que je n’allais jamais lâcher. Peut-être même jusqu’à l’agripper un peu plus fort qu’eux au fil des années. Parce qu’il y a un peu d’eux, entre Madonna et moi. Une soirée à veiller tard avec maman pour voir la retranscription de son show sur la tournée Music en direct de Paris. Une après-midi avec Papa devant la cassette de In Bed with Madonna – bien que, bon, je n’avais pas vraiment l’âge… Elle fait partie de nombre de nos souvenirs. Alors, je l’aime aussi un peu pour ça.

In Bed with Madonna

Punkette en perdition

Nous voilà quelques années plus tard. J’ai 15 ans, un anneau dans le nez, des Doc Marten’s aux pieds, du cuir sur les épaules, les cheveux teintés en rouge et noir. Occupation préférée ? Jeter des cannettes dans la Moselle en écoutant Guerilla Poubelle – plein âge bête. Pourtant, quitte à niquer toute ma street cred, je n’ai pas honte de l’avouer : j’aime toujours autant Madonna. Je vis mes premières amours et c’est comme… True blue, Cherish, Love profusion. Elle sait parler à mon cœur de minette. De tout ce qu’elle a produit de plus niais, je me délecte. Car, même elle, du haut de toute sa stature, faiblit lorsqu’elle se sent traversée par cet émoi. Et ceci ne remet pourtant jamais en question sa légitimité. L’aveu de faiblesse la rend plus grande encore. Je l’admire pour ce courage.

Madonna True blue

De la jeunesse naît aussi la révolte. L’air de rien, Madonna m’initie à ses combats. C’est l’époque d’American life. Sur fond de guerre en Irak, mon icône pointe du doigt le militarisme, la violence ordinaire, le port d’armes, la surenchère des canons esthétiques d’Hollywood… Et je me trouve à l’âge parfait pour lever mon petit poing de gamine grassouillette avec elle. Peu à peu, je vais plus loin. Moi qui ne jurais que par Vogue, What it feels like for a girl devient ma nouvelle marotte. Ce texte, emprunt de féminisme, décrit parfaitement ce sentiment que je ressens, adolescente, à l’heure où certains adultes commencent à me faire sentir qu’en tant que fille, je dois apprendre à me tenir, me coiffer, m’habiller convenablement. Madonna, encore une fois, sait mieux que personne poser des mots et une mélodie sur un malaise duquel je mettrai des années à m’extirper.

Madonna What it feels like for a girl

Jamais désolée

Ce que j’aime avant tout chez Madonna, c’est son infinie propension à s’en battre royalement les couilles. Elle ne s’excuse pas, jamais. Dans l’Amérique encore ultra-puritaine des années 80, elle clamait vouloir se sentir « like a virgin ». Ce petit « like » pour signifier que, justement, elle n’était pas « a virgin » et l’assumait pleinement. Nous avions besoin d’une leader pour oser susciter ce malaise et ainsi banaliser ce qu’une certaine morale réprouve. Elle a participé et participe encore à briser nombre de carcans. « Je suis quelqu’un de dur. Je suis ambitieuse et je sais exactement ce que je veux. Si ça fait de moi une salope, eh bien, qu’il en soit ainsi », continue-t-elle de clamer. J’ai toujours voulu marcher dans ses pas, ne suivre jamais aucune règle, sinon les miennes.

citation sur Madonna

Alors, quand j’ai eu 18 ans, j’ai choisi mon premier tatouage. « Material girl«  en lettres attachées, inscrits entre mes deux omoplates. Parce que j’aime Madonna et, comme elle sur ce titre, les jolies choses, le paraître, les beaux garçons… Or, comme le suggère subtilement les paroles, je n’en reste pas moins respectable. À mon sens, c’était comme inscrire sur ma peau : « Voilà ce que je suis. Maintenant, fais avec. » Je ne l’ai jamais regretté. Pour ce qui est de l’assumer, par contre… La question est plus délicate. J’ai souvent rougi à son évocation, prétextant même parfois une erreur de jeunesse – fieffé mensonge ! Puis, j’ai vieilli. Comme tout le monde, j’ai pris des coups.

Madonna Material girl

J’avais beau vouloir m’inscrire dans le sillage de mon idole, j’avais peur. Des autres. Je l’admets. J’ai longtemps fait ce que l’on attendait de moi. Pour qu’on m’accepte, qu’on me préserve et qu’on me porte. Jusqu’au jour où je me suis retrouvée au chômage, célibataire et obligée de retourner vivre chez mes parents. J’avais pourtant tout fait comme il se doit. Restée discrète, polie, gentille, douce. Malgré ma grande gueule et mon exubérance, je m’étais toujours contenue. Et je me trouvais ainsi remerciée. Dès lors, le message insufflé par Madonna est devenu d’autant plus évident à mes yeux. Je prétendais le suivre à la lettre, mais je continuais à me plier à toutes ces exigences externes. Je me suis fais la promesse que ça ne m’arriverait plus jamais.

Citation de Madonna

Dès lors, j’ai coupé mes cheveux, les ai teints en violet comme j’en avais longtemps rêvé et ai remis mon anneau dans le nez… Si je ne dis pas encore tout ce je pense, mes réactions en disent bien plus long. J’ai dit « oui » à ce garçon, à cet autre, et pourquoi pas à cette fille. J’ai des gros seins, une longue paire de jambes, ne m’excuse plus de les montrer. Mon tatouage non plus… Dernièrement, quelqu’un a osé la remarque :
« Material girl ?! Mais t’as pas peur que ça te porte préjudice, un truc pareil ?
T’aimes bien savoir ce que contiennent les choses que t’achètes… Ben, pour ma personne, c’est pareil. T’es prévenue, c’est marqué dessus.
Ouais, mais bon… Au-delà de la traduction littérale, il y a une connotation sexuelle quand même.
Ça tombe bien, j’adore la baise. »

Toujours pas désolée.
Bien à toi,

signature

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

%d blogueurs aiment cette page :