Pépites du cinéma de genre sur Shadowz

Quatre pépites du cinéma de genre à voir sur Shadowz, le Netflix du film d’horreur

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Outsider français coincé entre les géants américains Netflix, Amazon Prime et Disney +, Shadowz vise un public de niche. Celui des amateurs du bis, du Z, de l’horreur… De l’inclassable. Vous vous en doutez, j’ai compté parmi les premiers abonnés. Et comme tant d’autres avant moi, je vous livre le meilleur de ma sélection.

Cannibal Holocaust

Cannibal Holocaust (Ruggero Deodato, 1980)

On a déjà écrit des kilomètres de chroniques sur l’opportuniste Cannibal Holocaust. Opportuniste, oui. Dans la mesure où le film de cannibale insulaire était alors au sommet de sa popularité. Un genre de série B de niche, habituellement à mille lieues des préoccupations du grand public. Nonobstant, à sa sortie, Cannibal Holocaust attirera pourtant les foudres de la presse, des spectateurs et des autorités italiennes. De par sa violence et de par son format. Considéré comme l’un des tous premiers found footages, le film prétend donner à voir les bandes vidéo d’une équipe de journalistes disparus lors d’un périple en terres cannibales.

Novateur. C’est le terme que l’on oublie de mentionner face à l’ampleur du scandale. Par sa mise en scène et son grain de pellicule ultra-réalistes, Cannibal Holocaust sème le doute. Convoqué devant un tribunal italien, le réalisateur a même dû prouver devant un jury que l’ensemble de son casting se trouvait bel et bien en vie. Il n’écopera finalement, et à juste titre, que d’une condamnation pour cruauté envers les animaux – plusieurs bêtes ayant été abattues face caméra pour les besoins du scénario. Les anecdotes glauques fustigeant l’œuvre, peu l’ont effectivement visionnée. Un tort. Car, par ses procédés sensationnalistes, Cannibal Holocaust entend nous questionner sur notre rapport aux images et livre une critique acerbe de la société de l’information. Un chef-d’œuvre incompris à reconsidérer.

la course à la mort de l'an 2000

La Course à la mort de l’an 2000 (Paul Bartel, 1975)

Plus connu par chez moi sous le titre Les Seigneurs de la route, cet improbable métrage oscille entre série Z discutable et fable dystopique intrigante. Sûrement dans une volonté sensationnaliste éhontée, le film met en scène une course de voitures, où les participants doivent éliminer un maximum de personnes sous leurs quatre roues. À chaque être humain, sa valeur. Un adolescent vaut 40 points, enfants et nourrissons, 70 points, seniors, 100 points. Le coureur accumulant le plus de points à l’arrivée remporte la mise. Vous l’aurez deviné, la course dissimule une épuration face aux enjeux de surpopulation et, à l’instar des jeux du cirque, contient les débordements populaires.

Avec Roger Corman à la production, David Carradine dans le rôle principal et un jeune Stallone faisant ses premières gammes, Les Seigneurs de la route sert un propos critique surprenant sur la surenchère médiatique, mais ne se prive pas de quelques fulgurances jouissives qui l’ont – à n’en point douter – fait entrer au panthéon du bis. Ainsi, le film affiche sans complexe un personnage nazi féminin, qui s’écrit « Blitzkrieg ! » à chaque innocent dégommé. Résurgence d’une époque où, sous couvert d’un mauvais goût assumé, d’aucun n’osait prendre au sérieux les trouvailles décérébrées d’une bande de scénaristes pour sûr trop cocaïnés.

Apocalypse 2024

Apocalyspe 2024 (LQ Jones, 1975)

Apocalypse 2024 met en scène un jeune garçon déambulant avec son chien, dans un monde post-apocalyptique où ne subsiste plus aucune once d’espoir. Le chien est doté d’une intelligence supérieure lui permettant de communiquer avec son maître par la pensée. Vous espérez de la mignonnerie emballée dans un joli conte pour jeunes adultes ? Vous vous trompez. Ledit chien s’avère cynique, cruel et égoïste – à l’instar de son maître, qui évolue dans un monde de désolation ultra-violent. Un monde où les mâles chassent les femelles, devenues rares, afin de satisfaire leurs pulsions sexuelles jusqu’à ce que mort s’ensuive. Un monde primaire, retourné à l’état sauvage. Paye ta jolie fable pleine d’espoir.

Apocalypse 2024 laisse un goût amer, un désagréable sentiment d’injustice à son premier visionnage. Car tout son récit tend à nous faire espérer. Le garçon tombe plus ou moins amoureux. Elle l’entraîne dans un monde souterrain où un groupement d’individus est parvenu à reconstituer une forme de civilisation. Il est euphorique. On veut y croire avec lui. Or, on s’aperçoit qu’il quitte un Enfer pour un autre. L’utopie communiste se dessine assez clairement. Toutefois, la métaphore du libéralisme aveugle qui l’attend plus haut ne fait pas plus envie. Le héros ne fait qu’opérer un choix entre la peste et le choléra. Et aucune joie n’en résulte. Sous ses airs de série B fauchée et mal fichue, Apocalypse 2024 se révèle effectivement éprouvant et frustrant. Néanmoins, il fait figure d’expérience à vivre.

Long weekend

Long Weekend (Colin Eggleston, 1978)

S’il est un sous-genre que l’on méconnaît en France, c’est bien l’Ozploitation. Conséquente à la légalisation des longs-métrages déconseillés au moins de 17 ans en 1971 au pays des kangourous, la « Nouvelle vague australienne » déferlera sur le cinéma bis jusqu’au début des années 80. S’en donnant à cœur joie, les réalisateurs opportunistes ne lésineront pas sur le sexe, l’alcool, la violence, le sexe, la violence et l’alcool. S’il en résulta des œuvres dont la réputation n’est plus à faire, comme Wake in fright en 1971 ou Mad Max en 1979, l’Ozploitation fut avant tout mère de tout un pan dissimulé du cinéma d’horreur à petit budget. Dont la thématique privilégiée demeure le désœuvrement de l’Homme moderne face aux dangers de la faune sauvage du bush australien.

Et Long Weekend s’enracine profondément dans cette thématique. Le film met en scène un couple de trentenaires en péril tentant de recoller les morceaux au cours d’un week-end prolongé sur une plage isolée – d’où le titre. Dès les premières heures du séjour, par peur – mais surtout par bêtise, l’homme abat un Dugong, un mammifère marin en voie de disparation. Or, il semblerait que l’âme de l’animal ne veuille pas quitter les lieux. Et la nature et les bêtes sauvages commencent mystérieusement à se déchaîner autour d’eux. Magnifique exemple de ce que l’Ozploitation recèle comme trésors oubliés, Long Weekend se révèle foncièrement angoissant. Et, malgré une mise en place qui traîne quelque peu en longueur, il parvient en peu d’effets à instaurer un climat glauque et une tension haletante, porte d’entrée idéale aux novices de la Nouvelle vague australienne.

Sur ce, foncez vous abonner à Shadowz,

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