Et si j’arrêtais vraiment de fumer, cette fois ?

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Le chemin vers une vie sans tabac est, pour moi, semé d’embûches. Néanmoins, il se pourrait que je sois enfin parvenue à trouver la parade à mon éternelle pause cigarette. Dieu, fumeur de havane, pardonnez-moi : je vape.

J’aime la clope. L’odeur de tabac, de doux cendrier froid, la playmate du mois, miss cha-cha-cha… La clope du matin, celle d’avant-aller-bosser, celle de la pause bitchage, celle du soir, celle d’après-manger et surtout, celle qui vient après le sexe. Néanmoins, à dire vrai, j’ai peur. Peur de mourir. Dans d’atroces souffrances. Car, ne nous leurrons pas, tous les fumeurs qui fanfaronnent : « Faut ben mourir de quek’chose. » n’en mènent jamais bien large le jour où un médecin leur suggère une petite radiographie des poumons.

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Ma première cigarette, je m’en souviens comme si c’était hier. Je traînais avec ma bande de potes à l’arrêt de bus près du collège. On m’a demandé si j’en voulais une. J’ai dit oui comme si c’était tout à fait habituel. Jvoulais pas passer pour une bouffonne. J’ai donc bluffé, tiré dessus au moment où on me l’allumait – Dieu merci, on ne m’a pas tendu le briquet. Et là, je crois avoir joué le pire rôle de toute ma vie. Ce fut une torture à chaque bouffée, je me contenais pour ne pas tousser, j’avais les yeux qui pleuraient… Mais j’ai fait illusion. Du moins, je crois.

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Moi à ma première clope, feignant le « tout-va-bien »

J’ai continué à faire semblant ainsi quelques temps. Jusqu’au jour où j’ai commencé à l’attendre, cette clope d’après-collège. Arrivée à hauteur de l’arrêt de bus, je n’avais qu’une hâte : qu’on m’en file une. Et j’ai commencé à piquer des paquets à mon père dans l’armoire du salon. Puis, lorsque les soupçons ont jailli dans l’esprit du paternel, j’ai investi une partie de mon argent de poche dans l’industrie du tabac. C’est ainsi que j’ai mis le doigt dans l’engrenage et que j’ai commencé à être copine avec tous les buralistes dans mon sillage – dédicace à Jean-David du bar-tabac derrière mon ancien lycée, à Jean-Yves du tabac La Pipe dans le septième arrondissement et au désormais célèbre Jean-Louis.

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Et me voilà à bientôt 30 ans, toujours surnommée « miss paquet de 25 », rendue complètement accroc et dépensant beaucoup trop d’argent dans ce petit vice devenu un luxe. J’en ai marre, ça ne m’amuse plus et désormais, les mecs dont l’haleine sent le tabac à l’approche de mes lèvres ne déclenchent plus en moi aucune excitation adolescente. Juste une irrévocable envie de vomir. Pourtant, il y a deux ans, je vous racontais avoir bel et bien arrêté. Or, depuis, ma grand-mère est décédée, je me suis faite virée et enfin, jetée par un mec qui ne m’avait pas méritée. Autant de bonnes raisons de continuer à fumer.

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Moi, au bord de la dépression neveuse.

J’avais arrêté à la dure. Dernière clope fumée, paquet à la poubelle et fin du bail. La cigarette électronique, c’était pour les baltringues et d’façon, ça n’a ni le goût de la clope, ni la sexiness de la Gitane maïs – quoi qu’on en dise. Et puis, petit à petit, pendant le confinement, j’ai fait l’effort. Je ne sais, certes, toujours pas m’en servir, elle est constamment pleine de rouge à lèvres et mon pote Franck n’arrête pas de m’engueuler, sous prétexte que je « l’embouche comme un gros chibre » et que ça le perturbe. Nonobstant, je me suis mise à apprécier le vilain monstre bleu que mon père m’a offert à je ne sais plus quelle occasion.

Avant, je me contentais d’un modèle archaïque que je réglais au minimum. Ce machin bleu me foutait les jetons. Je l’avais posée sur l’étagère du salon et on s’observait toutes les deux en chien de faïence. Elle sur sa commode, moi sur le clic-clac à mater Brooklyn 9-9. Pis un soir, je suis tombée en panne de clopes. L’officine de Jean-Louis fermée, la flemme de recharger l’ancien modèle. Et Franck de s’exclamer : « Mais avale cette grosse bite bleue, qu’on n’en parle plus. » J’ai tiré, j’ai toussé, je me suis étouffée en pestant comme la connasse têtue que je suis… Or, je dois bien avouer que depuis, elle est devenue une extension logique de ma main droite.

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Ai-je remplacé un vice par un autre ? Ma foi, je le crains. Vais-je mourir dans d’atroces souffrances ? Très certainement, puisque j’ai fumé près de la moitié de ma vie, bu trop d’alcool et mangé beaucoup de saloperies. Allons donc, ma bonne dame, faut ben mourir de quek’chose. Au moins, me dis-je, mon argent n’ira plus aux grands industriels du tabac. Il s’agissait peut-être de mon ultime paradoxe. Car de boycotts, j’en compte de nombreux : Coca-Cola company, le lobby du lait, de l’automobile, de la viande… Je crèverais certainement de tous mes excès, mais au moins, je mourrais éthique. Une bonne fois pour toutes.

Vapons donc en paix,

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