Ennui, comportements suspects, galères solitaires… Vous l’aurez compris, le blog de confinement reprend du service. Et déjà, mon célibat blasé me pèse.

Lundi 2 novembre – Retour au tabagisme

À peine le reconfinement annoncé, je me suis ruée au bureau de tabac acheter un paquet de Chester en 25 – « pask’ faut bien crever de kek’ chose, ma bonne dame ». Jean-Louis, derrière son comptoir, m’a adressé son plus joli sourire.
« Ben, alors ?! Dois-je comprendre que, pour te voir, il faut que le Gouvernement rétablisse l’état d’urgence sanitaire ?
– Je fume des clopes à ma fenêtre en regardant les badauds hébétés à la recherche du dernier commerce ouvert. À chaque confinement, ça devient une tradition.
– Moi, jdevais partir en vacances.
– Putain, la lose !
– M’en parle pas. »

Comme quoi, y’a toujours plus malheureux que soi…

Mardi 3 novembre – Chagrin d’amour

Y’a un truc bizarre avec Gwen, mon binôme messin. Chais pas… Jcrois qu’elle couve quelque chose. Elle n’est pas dans son assiette. Depuis quelques jours, elle paraît laconique… J’essaye sincèrement de la faire marrer. Nonobstant, mes tentatives semblent désespérées et pathétiques. Exemple d’échec cuisant via Messenger :
« Rha putain, j’ai organisé une chasse aux bonbons pour Halloween. les gosses ont tout trouvé en cinq minutes. J’étais deg.
– HAHAhHAhaha. Pour pas qu’ils les trouvent, il aurait fallu cacher les bonbons SOUS la maison… TROLOLOLO.
– Mais bien sûr, Lily ! »
(Grosse ambiance)

Mercredi 4 novembre – All by myself (genre… vraiment)

Jean-René m’a envoyé un message. J’ai essayé de m’auto-persuader d’une certaine indifférence. Or, bien malgré moi, la chose m’a rendue toute guillerette pendant toute ma séance d’aérobic. Le sourire que j’affichais alors n’aura pas échappé à mon aéro-visio-collègue, Franck, qui s’est aussitôt attelé à détruire le moindre rictus de joie sur mon visage.
« Laisse tomber, Lilou… J’en reviens pas de ce que tu peux être nouille. Combien de fois devrais-je te rappeler que ce type se fout royalement de ta gueule ?!
– Mais, mais, mais… Il est mignon et… Ben, c’est toujours agréable d’échanger avec lui. Jvois pas l’mal, merde !
– Tu n’es qu’une bien triste célibataire pathético-romantique prisonnière de sa condition de salope glaciale et indépendante.
– Tu me fais beaucoup de peine, tu sais… »

Bref, après la séance, j’ai évacué mes frustration en me lançant dans la restauration de la boîte à musique de mon arrière-grand-mère. J’ai jamais été douée en travaux manuels. Quelle idée à la con.

Jeudi 5 novembre – Manque de sommeil

J’étais tellement hantée par mes pulsions animales envers Jean-René que j’ai poncé, peint, verni jusqu’à pas d’heure, dans une course effrénée vers l’achèvement du chantier de réhabilitation. Résultat : je n’ai trouvé le sommeil que tard. Beaucoup trop tard. Comme disait Kool Shen, « ça m’fait pas plus de quatre heures de sommeil, exact / Je vais encore passer la journée la tête dans les vapes ». J’écris ces quelques lignes dans un état second, pas bien sûre d’avoir conscience qu’elles seront bientôt rendues publiques… Ma misère sexuelle en temps de confinement s’avérant effectivement fort malaisante. Néanmoins, je peux me féliciter pour une chose : la boîte à musique est réussie. Le couvercle n’est pas tout à fait droit, mais bon… On salue l’effort.

boîte à musique ancienne
Avant / après

Vendredi 6 novembre – Mission Ikea

Message d’Ikea : « Votre colis est arrivé dans votre Mondial Relay. » Et merde. J’avais oublié. Des fois, j’en ai vraiment marre de me démerder à la force de mes petits bras. Quatre ans de célibat et incapable de décrocher le permis. J’en arrive parfois à envisager d’épouser le premier quidam venu juste pour m’épargner quelques soucis matériels. Ils sont nombreux à me regarder tel le soleil, tandis que je lève désespérément les yeux au ciel. Mais bon, je préfère me prendre la tête avec des Jean-Guy et des Jean-René. C’est le prix à payer de mon indépendance de salope glaciale (sic). Au point de retrait, je pousse un soupir blasé en jaugeant les dimensions du carton que je vais devoir transporter à bout de bras, à pied, pendant dix minutes jusqu’à chez moi. Joie. À l’arrivée, je suis en sueur et j’en ai tellement plein les bottes que je jette le truc dans un coin avant de m’effondrer sur mon canapé, épuisée – mode drama queen on.

Samedi 7 novembre – Parfum de déjà-vu

Aujourd’hui, j’ai fait des cookies.
Voilà, c’est tout.

(Oui, je sais que je l’ai déjà faite au premier confinement : ça s’appelle un running gag)

Dimanche 8 novembre – All I want for christmas

Ce matin, j’ai lu un article qui suppute qu’au terme de ces quatre semaines de confinement, nous serons loin d’être passés en dessous de la barre des 5 000 contaminations par jour – condition sine qua none au déconfinement. Allons donc, vais-je passer Noël comme mon anniversaire, seule chez moi avec un fondant au chocolat Picard pour seule manifestation d’allégresse ? Peut-être. Néanmoins, si je suis triste à l’idée de ne pas passer ce précieux moment en famille, je m’en réconforte étonnamment sans peine. Ma foi, ça fera moins de dépenses en cadeaux et plus de gâteau Picard pour moi. (…) Seigneur, je crois que cette fois, mon compte est bon. Je dois me rendre à l’évidence : je suis une salope glaciale, indépendante… et égoïste.

Prenez soin de vous quand même,

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