Dépression hivernale, décoration intérieure et suractivité en troisième semaine de confinement

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Le confinement commence à me peser… J’épanche plus que jamais mes frustrations dans le sport et les acides gras saturés. À moins que ce ne soit mon état de vieille fille avancé ?

Lundi 16 novembre – Du gras

J’ai bouffé comme un porc tout le week-end. J’ai faim. Un effet secondaire des règles peut-être… J’ai cuisiné des plats équilibrés pour toute la semaine et me contenir. Malgré tout, je ne pense qu’à ça. Au dernier pot de profiteroles industrielles dans le frigo, au possible paquet de chips oublié au fond du placard lors du dernier apéro, à la tablette de chocolat gardée précieusement pour faire un gâteau… J’ai tout mangé et j’ai encore faim. Alors, j’ai commandé un sandwich vegan aux piments jalapeños. Dégoulinant de sauce. Et ? J’ai toujours faim. Toutefois, je suis tellement à cran que je carbure à quatre heures d’aérobic par jour. J’aurais donc tout le loisir de dépenser ce week-end oisif en activité sportive.

Mardi 17 novembre – Du sport

« Tu peux faire tout le yoga, tout l’aérobic que tu veux… Y’a un moment, tes nerfs vont lâcher. » Elle n’a pas tort. Gwen a toujours raison de toute façon. J’devrais tout laisser tomber. Les mecs, le taff, la région… Me barrer loin, très loin d’ici. « Tu as toujours fui pour tenter de recommencer ailleurs. Tu finis à chaque fois par détester toutes les figures d’autorité qui t’entoures. T’es une enfant unique pourrie gâtée. Pose tes couilles et sois ta propre patronne – c’est ta seule façon de t’en sortir dans la vie », a meuglé Franck entre trois chorés d’éaérobic. Ma propre patronne… mais dans quel domaine ? L’audiovisuel, la presse écrite, les réseaux sociaux ? Ou je change carrément de secteur et je deviens toiletteuse itinérante pour chien ? Eh merde, j’ai pas le permis. Foutez-moi la paix, je préfère enquiller avec une nouvelle série de step workout. « Meuf, à ce rythme, tu vas finir par ressembler à Tina Tech dans Flashdance… » Ta gueule Franck, sors de ma tête !

Je ne vois pas où est le problème…

Mercredi 19 novembre – Du sommeil

Je n’arrive plus à fermer l’œil… Je ne sais pas si vous avez déjà tenté d’enchaîner deux séances d’aérobic avec seulement trois heures de sommeil au compteur, mais je peux vous assurer que le jeu en vaut la chandelle. J’ai littéralement pédalé dans la semoule au milieu du désastre qu’est ma vie. Certes, ces cent vingt minutes de sport n’étaient pas nécessaires. J’en avais néanmoins besoin pour recouvrir un tant soit peu de concentration. Et je dois faire des heures supp’. Et je perds le fil de ma pensée. Je crois que je suis un peu amoureuse, mais que ça n’est pas réciproque. Mais de qui, déjà ?! Je crois que j’ai oublié de pendre le linge. Au fait, comment va Gwen ? Est-ce que j’ai pendu le linge ? Merde, j’ai oublié de répondre à Gwen… Le linge… En fait…. ZZZZZzzzz

Jeudi 19 novembre – Des courbatures

J’ai mal, putain. Des courbatures partout. La rançon du fitness. Je n’arrive plus à tendre les jambes, mes ligaments refusent. Et dans le fond, je m’en fous. Qu’est-ce qu’il me reste de mieux à faire, après tout ? J’ai pas de mec en vue, pas de gosse… Il ne me reste que Jane Fonda et Arianne, ma prof de yoga. Qui s’inquiète en visio. « Si tu n’arrives pas à tendre les jambes dans la posture de la pince, alors que d’habitude, c’est d’une facilité enfantine pour toi, c’est que tu forces trop par ailleurs. » Je lève les yeux au ciel… Après tout, fondamentalement, qu’est-ce que je risque ? « Ton genou gauche est fragile, tu le sais… Tu veux te retrouver à traîner la patte en hurlant comme il y a quatre ans quand tu avais enchaîné trois heures d’ashtanga et qu’il avait cédé en guerrier 2 ? » Ariane, ma mère… même combat. Deux putains de rabat-joie.

Vendredi 20 novembre – Du gâteau

Instagram me donne des idées. À force de voir des layer cakes partout, j’ai eu la folle envie de me lancer dans l’aventure. Pas trop compliqué, hein. J’ai peu d’ambition. Du coup, j’ai fait un ardéchois – un cake à la crème de marrons. L’idée, c’est de couper mon chef d’œuvre en deux et de le fourrer avec un crémeux chocolat. Glaçage royal, photo et le début de la gloire. Sauf que j’ai oublié un détail… J’ignore pourquoi, mais je suis maudite de la pâtisserie. Mes gâteaux ne sont pas mauvais, mais de ma vie entière, ils n’ont jamais monté à la cuisson. Pourtant, ce n’est pas faute d’insister sur la levure et les œufs en neige. Du coup, je sens que cette histoire va finir en ardéchois aplati tartiné vite fait avec de la pâte à tartiner sur le dessus. L’échec sera épique.

gâteau râté
L’histoire de ma vie

Samedi 21 novembre – Des cadres

Effectivement, le truc est sorti du four tout raplapla. Je l’ai quand même fourré avec de la Nocciolata – cette pâte à tartiner vegan et sans huile de palme à 7 euros le pot. Et j’ai fait un glaçage royal. Ma foi, c’est moche, mais c’est bon. J’ai néanmoins envie de briller dans un domaine où je suis douée. J’ai donc dépoussiéré la visseuse sous mon lit et j’ai entrepris d’encadrer les plus beaux exemplaires de ma collection d’affiches de cinéma. J’ai tout accroché en pêle-mêle au-dessus du canapé. Une fois mon œuvre terminée, j’ai soupiré. Le clic-clac déplié, je n’ai personne pour faire des galipettes en-dessous de ce joli décor… Réactiver Tinder me déprime. Les hommes, ici, se connaissent tous. Et je ne parle même pas des filles. Les cancans me fatiguent. De même que je suis épuisée de faire l’effort de sourire, m’intéresser, m’investir, sans aucune réponse par ailleurs. Maman a raison : seuls Bastien et Dylan trouvent grâce à mes yeux. Dommage qu’ils soient fiancés tous les deux, on aurait fait un merveilleux trouple.

Dimanche 23 novembre – Du série

Je suis officiellement complètement déprimée. J’ai regardé Grace & Frankie toute la nuit et ai dormi seulement deux heures. Cette série me donnait un tant soit peu le sourire jusqu’à présent. Maintenant, elle me déprime plus que de raisons. Je déteste ces riches Américains qui ont plus d’argent que de problèmes. Qui arrivent à avoir des maisons sur la plage, des marques de cosmétique et qui baisent avec tous les beaux gosses venus…
« Faut que tu te fasses un mec, chérie, s’est agacé Franck. T’as besoin de te faire ramoner dans tous les sens. Que tes courbatures soient causées par autre chose que tes séances d’aérobic intensives : ça devient pathétique ! Appelle Jean-René, il t’a tapé dans l’œil, cet abruti…
Plutôt crever. J’rappelle jamais. C’est eux qui rappellent », conclus-je en raccrochant d’un air rageur.
Après quoi, j’ai rallumé la télé. Fin du chapitre.

À la semaine prochaine,

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