Réflexions autour de l’amour et du sexe en période d’Apocalypse

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Qu’on se le dise : je suis pessimiste. La crise provoquée par l’épidémie de Coronavirus n’est, selon moi, que le prélude à la fin du monde – ou du moins, à la fin de l’Humanité.

En effet, la Terre nous survivra, comme elle a survécu aux dinosaures et aux autres organismes pluricellulaires avant eux. Y aura-t-il une autre forme de vie sur le caillou après nous ? Peu importe. De toute façon, nous ne serons plus là pour le voir. Nous pouvons nous engager dans toutes les démarches bios, éthiques et durables possibles, nous ne faisons que retarder l’échéance. Ceci n’est néanmoins pas une excuse pour t’en dispenser. Épargne les oiseaux et la faune marine, je te prie : ramasse tout de suite ce mégot que t’as jeté par terre, p’tit con. Quoi que nous fassions, nous disparaîtrons. Et que ça nous plaise ou non, c’est dans l’ordre des choses. Ceci dit, au rythme où vont les aberrations écologiques dont notre Humanité se rend coupable, il est certain que nos petits-enfants connaîtront une fin à la Mad max peu enthousiasmante.

Mad Max
Pitié, faites qu’on leur épargne de tels accoutrements.

Au début du premier confinement, j’ai reçu un appel d’un ami expatrié à Londres :
« Lily, pretty damn little lady… (ouais, il m’appelle comme ça) Regarde : le monde est en train de changer.
– Le monde ne change pas. Il y a toujours eu des épidémies. C’est naturel et cyclique. La nature se régule d’elle-même. Nous sommes trop nombreux et nous la surexploitons. Les virus résultent de cette surexploitation et permettent une épuration. Or, de pestes en grippes espagnoles, l’Humanité n’en a jamais tiré d’enseignement.
– J’aime rester optimiste. C’est peut-être le début d’une nouvelle ère.
– Ou le début de la fin. »

Parfois, mes conclusions cyniques et alarmantes font du chemin dans l’esprit de mes interlocuteurs. Aussi, je crois que c’est à la lueur d’une mûre réflexion qu’il revint quelques jours plus tard à la charge :
 » Et alors, on fait quoi ?
– On accepte le fait que notre espèce a une date d’expiration, puis on continue à vivre et à profiter du peu d’air pur qu’il nous reste… Que veux-tu faire d’autre ?
– Mais le propre de l’espèce n’est-il pas de se reproduire ?
– Si tu me demandes mon avis personnel, je pense qu’il est fort égoïste de songer à faire des enfants dans le contexte actuel.
– Je déteste quand tu as raison. »
Je sais. Désolée, Peter… J’espère que tu m’aimes bien quand même.

Des enfants, j’en connais, et malgré mon instinct maternel peu développé, beaucoup m’attendrissent. Je pense notamment aux deux adorables petits pirates de ma copine Gwen. À la jolie tête ronde bardée de magnifiques cheveux noirs du fils de ma cousine. Et au zozotement du jeune Maxence qui perd son poil sur la langue dès lors qu’il se met à chanter. Je les aime bien, ces mioches. Ça me tue de l’admettre, mais lorsque mon caractère hypersensible se heurte à mes réflexions sur l’avenir du monde, je pleure pour eux. Ils ne méritent pas la fin programmée de l’Humanité. Certainement pas. Pascal nous recommandait de céder à la raison plutôt qu’à l’émotion et d’intégrer pleinement notre condition de simples mortels : une existence qui ne peut trouver sens qu’à chercher un hypothétique salut divin… à son terme. « Le cœur a ses raisons que la Raison ignore. » Désolée de briser vos rêves, mais cette citation n’a, en réalité, aucun sens romantique. Au contraire, le cœur est ici jugé comme incapable d’entendre ladite Raison : qu’à la fin, on finira tous bouffés par les vers entre quatre planches et que seuls ceux qui auront été suffisamment pieux pour accorder une réelle importance à un possible Dieu bénéficieront peut-être éventuellement d’une béatitude éternelle. Sauf que. Nietzsche l’a dit : Dieu est mort et c’est l’Homme qui l’a tué en cherchant à expliquer son existence et son environnement par la vérité scientifique. Or, ben la vérité scientifique, en ce moment, elle nous fout le nez dedans : on va tous crever.

« Et alors, on fait quoi ? » Bonne question, Peter. Et décidément, en vrai, j’en sais foutrement rien. On mange ? On boit ? On se marre ? Tout ça, avant que la cave ne prenne feu ? Je pense effectivement que ce sont de bonnes options. Puisque de toute façon, nous sommes condamnés sans pouvoir rien y faire. On se fait du bien, aussi… Parce que l’amour, la tendresse, les sourires, les grands gestes et les petites intentions du quotidien rendent décidément la fin du monde moins amère. Que la Raison l’ignore. Il ne nous reste, ma foi, plus que le cœur. Allez, venez, on s’en fout. Et on baise. C’est de loin le plaisir d’amour ultime. Nonobstant, j’entends déjà Schopenhauer : « L’amour est un piège tendu à l’individu pour perpétuer l’espèce. » Et, sans mauvais jeu de mots, mon serpent se mord la queue… À quoi bon l’amour ? À quoi bon le sexe ? Bref. Misérables mortels… Maintenant, qu’allons nous faire ? Personnellement, du questionnement philosophique et scientifique, je commence à être lassée. En réalité, j’ai envie de vivre. D’aimer et d’être aimée. De manger mille plats associés à mille vins. De chanter. De rire. D’oser. Et de jouir. Encore et encore. De jouir inlassablement… puisque c’est ici même que repose l’instinct de vivre. Pascal, Nietzsche, Schopenhauer détenaient peut-être une vérité. Néanmoins, une seule de nos congénères recèle l’absolue Vérité. Car oui, comme le dit si bien Britney :

Keep on dancing till the world ends,

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