Bonne et heureuse 2021… ou pas

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Ainsi donc, nous avons enterré 2020 – annus horribilis. 2021 nous ouvre-t-elle pour autant grands les bras, en nous enjoignant à sauter dans une farandole de plaisirs insoupçonnés ? Là, excusez-moi, j’ai comme un doute.

Le 31 décembre au matin, je me suis levée tôt. J’ai fait deux heures d’aérobic et j’ai pris une douche. Passionnant. Puis, j’ai fait quelques courses et j’ai cuisiné un dahl de lentilles corail – le nouveau plat vegan à la mode. Encore plus passionnant. Pour ne rien vous cacher, mon dernier jour de 2020 ne fut, de fait, pas très excitant. J’ai passé la soirée seule devant Evil Dead 2, puis Fear farm, et enfin, devant RuPaul’s Drag race, car mes goûts demeurent dangereusement schizophrènes. De toute façon, je n’ai jamais tellement aimé les festivités du jour de l’an. Pendant longtemps, je les ai passées avec mes parents à manger des plats à emporter vietnamiens en matant des cassettes louées la veille… au vidéo-club de Cora Borny. Dieu que j’aimais cet endroit. Ça sentait le carton et la peinture fraîche et, sur deux étages, s’étalaient les jaquettes dans un choix infini. À nouvel an, j’ai vu La Tour Montparnasse infernale, Cube, la vidéo Bricol’girls produite par Alain Chabat – totalement infaisable aujourd’hui, puis L’Histoire sans fin. Que des films de vidéo-club. Au risque de passer pour une vieille conne, ces fabuleuses échoppes manquent énormément à ma vie. Surtout à Nouvel an.

Parker Lewis
Quand j’étais petite, je voulais bosser chez Mondovideo avec le père de Parker Lewis…

Les Saint-Sylvestre entre amis, j’en ai connues à l’adolescence. C’était toujours long et chiant, parce que nous ne faisions que boire en attendant minuit. Minuit, où chacun se ruait sur son 3310 pour souhaiter une bonne année aux absents. Je me souviens d’une fois où mon mec du moment avait passé la soirée à me tripoter devant tous ses potes. L’âne était tellement excité qu’il a éteint les feux direct à une heure du matin pour se jeter sur moi. Il a fini sur sa béquille et je suis partie à la première heure le lendemain matin, ma meilleure amie Morgane à mon bras. Nouvel an me rend toujours maussade. Je ne sais pas, sûrement le bilan d’une année de vie qui s’établit dans ma tête… L’éternel cliché. 2020 n’a pas fait exception. D’autant plus que, ce 31 décembre, j’ai pu observer toute la journée la peuplade se réjouir d’enterrer cette année de merde sur les réseaux sociaux. Comme si, à minuit, le coronavirus allait miraculeusement disparaître et la récession économique s’arranger en un coup de baguette de magique. Salagadou, la menchikabou, la Bibidi Bobidi Bou

J’ai un scoop pour vous : la vie, ce n’est pas un film Disney. Cendrillon vous a menti. À minuit, la princesse geint parce qu’elle a trop bouffé en avalant cul sec sa dernière coupe de Champagne. D’autre part, le prince charmant est, au mieux, un fils de pute qui ne rappelle jamais, au pire, un boulet solidement attaché à sa cheville qui parasite son espace vital. Nonobstant, je suis une blanche, blonde aux yeux bleus privilégiée, qui a grandi dans cette bouillie de clichés infâmes. Et j’ai une paire d’Adidas Superstar toutes neuves jamais portées. Par désespoir sûrement, j’ai donc décidé d’enfiler mes baskets magiques le 31 décembre 2020 à minuit tapantes. Peut-être qu’une faille spatio-temporelle allait s’ouvrir pour me transporter dans un monde merveilleux où ni le coronavirus, ni la gueule de bois n’existent, et où le beau brun qui hante mes fantasmes en ce moment m’aurait accueillie avec une trique d’Enfer. Comprenez-moi : j’ai déconnecté de Tinder et le couvre-feu me prive de toute escapade trépidante. J’ai la dalle. Mais je suis polie. Alors, j’évite de sauter sur le premier quidam venu passant sous ma fenêtre.

À minuit pile, j’en étais à ma troisième coupe de Champagne quand j’ai décidé de me lever pour enfiler lesdites baskets. Devinez quoi ? Il ne s’est rien passé. Absolument rien. Nichts. Nothing. Nada. Clap de fin, on remballe. J’ai rangé mes baskets dans leur boîte et ai envoyé la série de messages traditionnels. J’ai écrit à mon meilleur ami qu’il me manquait. Il a hâte que je revienne le voir à Lyon. À mes copines Gwen et Magali qu’elles ne négligent pas la culotte montante, parce qu’en ce début d’année, clairement, on se les caille. Elles ont ri. À Maud, la seconde titulaire du titre de meilleure amie, que je l’aimais. Elle aussi. Et à Morgane, qui travaille désormais dans l’hôtellerie, que 2021 lui sourisse un peu plus que 2020. Elle n’a jamais répondu. Ça me brise le cœur. C’est ainsi, les années passent. Le lendemain, on annonçait un couvre-feu à 18 heures dans ma région… Non, décidément, 2021 ne nous offrira rien de meilleur que 2020. Au moins, il me reste une collection de films d’horreur à petit budget rangée soigneusement sur l’étagère, juste à côté des comédies musicales, au cas où le nouvel an 2021 ressemble tristement au précédent. J’ai au moins l’optimisme de ne pas y croire.

Bonne année 2021 à tous,

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