2020 a été une année difficile pour toute l’Humanité. J’imagine, qu’à l’aurore de 2021, nous sommes nombreux à dresser un bilan de nos états d’âme dans l’espoir de jours meilleurs. Je m’adresse ce bilan personnel sous forme de lettre, en souhaitant pouvoir, un jour – dans dix ans peut-être, y apporter une réponse heureuse.

Chère Lily,

J’espère que tu as survécu à l’épidémie de Coronavirus survenue au début des années 2020. Sinon, ma foi, tant pis… Cette lettre tombera dans l’oubli comme ton nom à la postérité. Si tu es toujours de ce monde, je souhaite d’ailleurs qu’on t’appelle toujours Lily. Car, pour l’heure, il n’y a rien qui m’horripile plus que d’entendre « Aurélie » à ton évocation – si ce n’est dans un cadre plus formel. Si, à l’heure où tu me lis, d’aucun ne te nomme encore « Lily », c’est que tu dois être devenue vieille, triste et aigrie. Dans ce cas, reprends-toi, ma fille. N’oublie jamais ce que disait Allison dans The Breakfast Club : « Quand on grandit, le cœur meurt. » Reste bloquée à ton adolescence avec néanmoins classe et maturité, comme tu penses si bien le faire. Par ailleurs, tu sais qu’à l’instant où j’écris ces lignes, ta vie baigne dans un profond ennui. Tu es en télétravail, seule chez toi. Il fait froid et la condensation sur tes fenêtres s’étend sur les murs où tu as distingué hier soir un peu de mousse et de moisissure.

Je sais que tu en as marre. Non seulement d’éponger les fenêtres, mais aussi de ta ville natale. Depuis ton retour ici, il y a trois ans, tu as l’impression d’avoir mis ta vie en pause. Il n’y a rien à faire, sinon longer les mêmes rues, faire de l’aérobic, snober les baltringues de Tinder et visiter le seul musée local une fois l’an… Je sais que les quais du Rhône te manquent. La fête, les restaurants, les boutiques, les musées, les cinémas Lumière, les brocanteurs, le métro, les concerts, les marchés… Tes amis, aussi. Beaucoup. Tu es née à Metz, mais ton cœur appartient à Lyon. Plus que jamais en ces temps troublés. Néanmoins, je te souhaite et j’espère que tu as tenu cette promesse à toi-même. De ne pas te laisser abattre, d’avancer et d’arrêter de te lamenter. Je te souhaite d’avoir retrouvé le bonheur de te sentir chez toi, et non apatride comme en ce moment. Que ce soit ici, de retour à Lyon ou même ailleurs. Tu stagnes, tu as toujours détesté ça, mais j’ai confiance en toi : tu es capable de mettre un coup de pied au fond de la piscine avant de te noyer. J’ai foi en ta brasse bordélique, anarchique, mais toujours vive. Qu’elle t’emmène vers de merveilleux rivages. Dis-moi que c’est bien le cas…

Je te souhaite surtout de ne plus te sentir seule. D’être aimée comme on t’a aimée à Lyon. Pour tes bons côtés, malgré les mauvais. Tu as su prendre la bonne décision dernièrement en écartant de ta vie une personne qui ne savait pas t’apprécier à ta juste valeur. Continues à préserver cet impératif de qualité relationnelle. À ce propos, ton cher Chivas a dû nous quitter, hélas… En ce moment, ça ne va pas fort. Il n’est plus là pour très longtemps. Néanmoins, je sais que tu auras savouré chaque instant passé à ses côtés. Jusqu’au dernier. Sujet futile pour qui n’a pas de cœur à offrir à un chien, sujet d’importance pour toi. Je m’inquiète de savoir si tu connais à nouveau la joie d’embrasser une petite tête pleine de poils à l’haleine nauséabonde. Fais honneur à la mémoire de ton compagnon. Ne réserve pas l’amour que tu as à donner à un seul de ces êtres fabuleux. Et agis pour épargner de la peine à plusieurs d’entre eux sur cette Terre. J’espère que tu as exaucé ton vœu en adoptant un caniche nain abricot, comme ta Praline… Toutefois, j’ai la certitude que n’importe quel chien détient le pouvoir de ravir définitivement ton cœur.

Enfin, je garde l’espoir que tu puisses un jour t’épanouir professionnellement. Que tu parviennes à vivre de l’une de tes passions – nombreuses au demeurant. Ou, du moins, que ces passions auxquelles tu voues ton temps libre te permettent toujours de t’exprimer et de créer. Que tes craintes de ne pas parvenir à régenter ta vie se sont calmées. Que tu ne cauchemardes plus à l’idée d’un avenir sans le sou, ni toit au-dessus de la tête. Et surtout, que tes phases dépressives ne t’ont pas rattrapée et que tu veilles toujours à prendre soin de toi. Futile encore, mais je te souhaite de préserver ce poids de forme que tu as mis près de cinq ans à retrouver. Tu aimes trop le yoga, l’aérobic et les jolis vêtements pour souffrir à nouveau de ce surpoids qui pesait sur ta santé. Sois heureuse et fabuleuse, tu es la meneuse de ta propre revue.

Rendez-vous dans dix ans,

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