Remater How I met your mother en 2021 et, malgré tout, l’aimer toujours

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Série de ma prime jeunesse, How I met your mother continue d’occuper une place particulière dans mon cœur. Et ce, malgré ses errances, qui ont peu à peu fini par détruire son statut culte.

Au firmament de mes séries préférées, on trouve Buffy contre les vampires, X-Files, Scrubs, Parker Lewis, Nip/Tuck et Twin Peaks. Breaking Bad n’est cependant pas loin et, par excès de zèle, je me plais à citer aussi Code Quantum. Néanmoins, vous aurez beau creuser, je ne citerais jamais Friends. J’aime beaucoup Friends, pour sa fraîcheur, sa naïveté et ce qu’elle constitue de souvenirs d’enfance. Toutefois, elle n’est pas aussi chère à mon cœur que son clone mort-vivant des années 2000 : j’ai nommé How I met your mother. Friends avait le mérite d’innover et de dépoussiérer la sitcom pour ménagère. How I met your mother est un pur produit marketing fabriqué pour repackager un bestseller du passé. Il n’empêche que je nourris pour cette série une infinie tendresse qui m’aveugle de toute objectivité à son sujet.

How I met your mother
Mes copains des années 2000

Pourquoi Lily ?

On m’a dernièrement demandé pourquoi je mettais systématiquement un « Y » à la fin de mon surnom.
« Je conçois qu’on t’appelle ‘Lili’ parce que c’est le diminutif d’ ‘Aurélie’… mais pourquoi diable t’acharnes-tu à y foutre un « Y » ? C’est pour te la péter stylish à l’américaine ?!
– Oui et non… C’est à cause de Lily Aldrin dans How I met your mother.

– Oh, je vois. Erreur de jeunesse.
– Pas du tout. J’assume. »
Ceci, en raison d’une scène en particulier. Où Lily explique à Ted qu’elle l’avait pourtant bien prévenu de ce qui lui pendait au nez. Ce à quoi Ted lui répond que c’est difficile de la prendre au sérieux avec sa petite voix fluette et ses grands yeux de manga. Un truc que j’ai souvent entendu. Et qui m’agace au plus haut point. Ce doit être pour ça que je bombe sans cesse le torse pour râler plus fort que les autres… Quoi qu’il en soit, ce questionnement m’a rappelé ce lien viscéral que j’entretiens avec cette série. Est donc tout naturellement venue l’envie de la revoir. Pour la première fois depuis quatre ans.

Lily et Marshall

J’ai commencé par la saison 2. Car je connais la saison 1 par cœur au point d’en réciter toutes les répliques. Or, je voulais réactiver un souvenir bien particulier : l’excitation de voir enfin la suite… Noyé dans la colossale offre du streaming, ce trépignement d’impatience s’avère presque éteint aujourd’hui. Les parties 1 / parties 2 accolées d’à peine quelques mois sur Netflix nous ont fait perdre cette attente, ce désir. De même qu’un contenu s’efface désormais rapidement au profit d’un autre. How I met your mother faisait encore partie de ces feuilletons dont on dévorait la saison en cours semaine par semaine avant de devoir attendre près d’un an pour que ces visages familiers nous reviennent. La saison 2 s’ouvre sur Marshall, désemparé après sa rupture avec Lily. Tout de suite, cet élément fit mouche. Ce que mon cœur avait battu, à l’époque, pour connaître l’impact de cette séparation… Je le retrouvai avec presque autant d’affection.

Le produit d’une époque

Je m’aperçus aussi du soin apporté à l’écriture des dialogues dans ces premières saisons. Il s’agit là de la grande force d’How I met your mother. En effet, la série est loin de briller par sa mise en scène. Ses quelques fulgurances créatives et son aspect parfois rocambolesque, demeurent par ailleurs sans grande originalité. Ils se révèlent effectivement empruntés à un long héritage de la sitcom cartoonesque, dont Parker Lewis ou autres Ally Mc Beal furent les instigateurs à l’aurore des années 90. De cet héritage, Scrubs – contemporaine d’HIMYM – demeure le plus brillant successeur. Toutefois, les dialogues de Marshall, Lily, Ted et Robin continuent de susciter le rire, et même l’émotion. « It’s gonna be… wait for it… legendary ! » ; « You, son of bitch » ou « Challenge accepted » restent des lignes culte. Peu importe le poids des années.

Je pris également grand plaisir à retrouver la VF, qui fit à la fin des années 2000 les grandes heures de NT1, chaîne oubliée de la TNT, dont le principal attrait reposait sur la multidiffusion de sitcoms américaines. La traduction d’How I met your mother était, à cette époque, brillante. Tant dans les trouvailles pour retranscrire les jeux de mots qui ponctuent sans cesse la série, que dans ses efforts pour nationaliser les références trop yankees pour le public francophone. Aussi, le jeu des comédiens de doublage se révèle particulièrement soigné. Ce travail d’adaptation peine aujourd’hui à prendre forme, pressé par les délais de quasi instantanéité imposé par les plateformes. Les débuts d’How I met your mother apparaissent comme l’un des derniers témoignages de ce passé pas si ancien.

Cafsouris !

À ce titre, on peut pareillement considérer la série comme l’une des dernières sitcoms produite comme tel. Peu de décors pour rogner sur les coûts de production, un contenu divertissant, facilement consommable et efficace, fabriqué à la chaîne pour occuper de courts temps d’antenne à entrecouper d’espaces publicitaires. Les fulgurances actuelles telles que The Ranch, Bonding ou Special n’en sont que des hommages formels et se préoccupent moins de créer des enjeux scénaristiques en un épisode unique, puisque Netflix s’occupe de faire défiler automatiquement la suite. Toutefois, au fil des saisons, la qualité d’écriture d’How I met your mother s’érode. Certainement car la série est née à une époque où le format de la sitcom était déjà vieillissant, puis s’est éteinte dans une ère où ce même format était devenu désuet et ringard. Le tour de la question perpétré, il ne restait que des astuces scénaristiques factices, comme un pseudo hui-clos dans un mariage, pour tenter de générer de la nouveauté et de sauver les meubles.

De la nostalgie

Et pourtant, pourtant… Malgré ce constat objectif, je continue d’aimer aveuglément How I met your mother. Dans son entièreté. Oui, j’aime la dernière saison. J’aime la fin. J’aime ce dernier épisode que tant haïssent. La première fois que je l’ai vu, à sa sortie, j’ai pleuré toutes les larmes de mon corps. Pendant des heures. Car, personnellement, je souhaitais cette fin. Assez rapidement, je dirais au cours de la saison 4, j’avais remarqué que le récit s’acharnait à revenir inlassablement sur la relation qu’entretenait Ted et Robin. J’étais intimement convaincue que la mother n’était, en réalité, déjà plus là et que Ted cherchait quelque part l’approbation de ses enfants dans l’optique de retrouver son premier amour. Enfin, il l’obtenait. Enfin, il l’embrassait pour de bon. J’ai pleuré, oui. Mais pas uniquement pour cette raison.

La boucle était bouclée.

En réalité, si mes larmes ont coulé au point d’en faire une insomnie, c’est parce que ce dernier épisode sonnait comme la fin d’une époque. La fin d’un processus d’engouement populaire qu’on ne vivrait bientôt plus, certes. Mais aussi, la fin actée de mon adolescence. How I met your mother a débuté quand j’étais au lycée. J’avais encore placardé une photo du casting sur mes affaires de cours avec un bâton de colle UHU jaune clair. Elle s’est achevée à la fin de mes études supérieures, où j’essayais de joindre les deux bouts pour pouvoir à la fois régler mes factures et m’acheter une nouvelle paire de chaussures. Les miennes étaient trouées… jusque sous la semelle. Le temps d’une série, j’avais grandi. Et toutes ces années, cette série m’avait accompagnée. Je m’y étais attachée, comme à mes dernières heures de lycée et de vie étudiante. Elle était la dernière œuvre de ma jeunesse à prendre fin. Et ceci fait qu’elle gardera toujours, en mon âme et conscience, une saveur particulière.

Thank you, Linus…

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