Je déteste Justin Timberlake… Et ce, depuis toujours

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Il a longtemps été le chéri de l’Amérique. Depuis peu, au réveil des revendications féministes et au renforcement du mouvement Black lives matter, son aura de gendre idéal s’est brutalement envolée. Nonobstant, personnellement, j’ai toujours eu un sérieux problème avec Justin Timberlake.

Je n’aime pas ce type, je n’ai jamais pu le sentir et les récentes prises de conscience à son égard m’ont faite toiser mon monde d’un air supérieur, dans un rictus satisfait : « Je vous l’avais bien dit. » Et mon ex de me traiter de sorcière. « À chaque fois que tu n’aimes pas quelqu’un sans aucune raison, on finit par découvrir qu’il est effectivement une enflure. À se demander si tu ne leur jettes pas des sorts. » Aucune magie là-dessous. J’ai juste un sixième sens pour détecter les fils de pute. Et Justin a toujours mis mon radar en alerte.

Délit de faciès

La première raison de cette aversion est pourtant purement et simplement subjective. Je n’aime pas sa tête. Et je ne l’ai jamais aimée. Déjà à l’époque des N’Sync, je le trouvais ridicule. Les ramens en sachet jaune vives qu’il portait sur le crâne ne m’ont jamais parues être le sommet du style. Pourtant, à l’aurore des années 2000, croyez-le ou non, cette coiffure masculine décolorée s’avérait bel et bien être le nec plus ultra de la tendance capillaire. Il ne s’agissait pas d’un crime isolé. Cette chose plaisait. Véridique. Et bien, même en ces temps troublés où le sens commun tendait à qualifier cette coupe de cheveux de jolie, je nourrissais une réelle aversion pour ces toisons jaune poussin. De plus, je n’ai jamais adhéré à la mode des boys band. J’ai été élevée à considérer ces garçons comme risibles. Les choses commençaient donc très mal entre Justin et moi.

Elles ne se sont pas améliorées lorsqu’il s’est coupé les cheveux à la sortie de Justified en 2002. Aussi brillant cet album puisse être, rien n’y a fait. J’ai la gueule de Timberlake dans le collimateur et ça ne changera jamais. Ce serait mentir d’affirmer que ce garçon est laid. Non, évidemment que le type est beau gosse. Talentueux, qui plus est. Charmante petite chose qui bouge en rythme. Seulement, sa tronche ne me revient pas. Sa perfection, son côté lisse as fuck, m’ont révulsée minute 1. Je ne lui ai jamais trouvé cette touche de sensibilité dans le regard que beaucoup de mes comparses féminines lui concèdent. Au contraire. C’est le genre à savoir pertinemment qu’il est comestible, à te frôler l’épaule au bar et à s’imaginer que tu vas marcher dans ses concubines. Sauf que je ne mange pas de ce pain-là, moi, Justin. J’ai vu clair dans ton jeu dès le départ !

Justien Timberlake et Britney Spears

Pour Britney, pour Janet !

Par ailleurs, je fais partie de la génération Star Club. Au début des années 2000, j’ai suivi, semaine après semaine, le feuilleton Britney + Justin. Mon moi de onze ans vivait pour les gossips – ces feuilles de choux nourrissaient mon existence. Jusqu’à ce jour funeste où la couverture de mon magazine préféré a affiché la triste nouvelle : « C’est fini ! » J’étais, en un sens, satisfaite, dans la mesure où je n’aimais pas Timberlake. Britney Spears méritait mieux. D’un autre côté, j’étais triste qu’elle soit malheureuse, car toute rupture demeure un moment difficile. J’ai fini outrée par le comportement goujat de Justin Timberlake. Il clamait dans tous les médias qu’elle l’avait trompé, qu’elle n’était plus vierge, qu’il l’avait même – passez-moi l’expression – « déflorée ». Un étalage d’intimité indécent pour une humiliation en règle. Or, loin de plaindre la pauvre Britney, les médias pleuraient la douleur de Timberlake. Vingt ans avant Framing Britney Spears, j’en avais ressenti une profonde injustice.

Justin Timberlake Janet Jackson Super bowl

Injustice ressentie également pour Janet Jackson, lorsqu’en 2004, le soir du Super bowl, Justin Timberlake dévoila son téton droit par accident. La pudibonderie américaine détruisit l’immense carrière de Janet Jackson en très exactement une minute et dix-sept secondes ce soir-là. En effet, à partir de cet instant précis, la chanteuse fut blacklistée des setlists des radios, des plateaux de télé américains, pire encore : de la cérémonie des Grammy’s… Cérémonie où Justin Timberlake se présenta et reçut cinq trophées. Sans aucune pudeur. Et ce, face à l’indignation d’artistes reconnus comme Luther Vandross ou Usher, qui n’hésita pas à le qualifier de « lâche », soulignant son manque de solidarité à l’égard de Janet Jackson. Il était aux côtés de la chanteuse ce soir-là. C’est lui qui a décroché son bustier. On ne lui a rien reproché. Au lieu de s’en offusquer, il préféra se réjouir de passer entre les gouttes et de récolter les lauriers de sa gloire. Fils de pute, je vous l’avais bien dit.

Justin Timberlake Justified

Timberlake, l’artiste

De même, je n’ai jamais compris pourquoi on pardonnait à Timberlake de s’imposer avec talent dans le R&B anglo-saxon, alors que ce genre musical est considéré de longue date comme la chasse gardée des musiciens noirs américains. Je ne partage pas cette vision des choses. Bien qu’il me semble essentiel de connaître et reconnaître les origines culturelles de toute forme d’art, je considère néanmoins que la musique n’a ni couleur, ni frontière. Bien sûr qu’il est problématique de décerner un prix à un artiste blanc parce qu’il est blanc, plutôt qu’à un artiste noir. Nonobstant, je ne comprends pas qu’on puisse nier les qualités d’un album de R&B remarquable tel que Listen without Prejudice de George Michael, uniquement parce que son auteur n’est pas de la couleur adéquate. On n’a jamais fait ce reproche à Justin Timberlake. Ni pour Justified, ni pour FutureSex/LoveSounds.

Justin Timberlake FutureSex/LoveSounds

Est-ce parce que George Michael venait d’un boysband ? Justin Timberlake a pourtant bien fait partie des N’Sync. Est-ce parce que George Michael était anglais, une nationalité jugée trop éloignée du berceau américain du R&B ? Justin Timberlake est peut-être américain, il n’empêche qu’il est originaire du Tennessee, terre de country et du rock édulcoré d’Elvis – plus blanc que ça, tu meurs ! Pourquoi lui, avait-il le droit d’être blanc ? Pourquoi ne lui a-t-on jamais adressé la moindre remarque à cet égard pendant près de deux décades ? Il aurait été plus que légitime d’au moins le mettre face à ses contradictions. Il aura fallu vingt longues années pour le voir tomber de son piédestal, une fois passé à la moulinette de Twitter. Je me réjouis qu’enfin, ces injustices se résorbent quelque peu. Il n’empêche que je souhaite aussi que Justin s’en relève et qu’il en ressorte lavé et grandi. Parce qu’après tout, personne ne mérite autant de haine.

Sans rancune, Justin !

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