Je crois qu’à présent, je me dois d’accepter. Je suis partie pour devenir une vieille fille à chat. À bientôt 30 ans, il était temps que je m’en rende compte…

Comme dirait Jennifer Paige, j’ai vécu un crush. Mignon, avec un charme fou, de l’humour et de la conversation. Puis, surtout, c’était pour moi un homme presque hors de portée. Suffisamment cultivé dans des domaines que j’affectionne, il m’intimidait. À tel point que lorsque parfois, il m’adressait la parole, je réfléchissais longuement à ce que j’allais lui répondre pour qu’il me croit au moins aussi intelligente que lui. Je faisais illusion, il m’appréciait. Je gardais pour moi ma confusion des sentiments. Il s’avérait typiquement de ce genre qui me trouve bonne camarade, mais pas davantage. Je savais pertinemment que je n’avais aucune chance. Il n’y avait rien à espérer.

Car, voyez-vous, contrairement à la représentation que beaucoup se font de moi sur les réseaux, je ne suis pas franchement exceptionnelle. En réalité, je ne suis pas tellement jolie, je sais juste bien me vendre et me mettre en scène. De même que ma passion excessive pour le vintage et les films d’horreur a, dans la vraie vie, plutôt tendance à m’isoler. Certes, j’ai une connaissance accrue de mes sujets de prédilection. Néanmoins, j’en suis ultra angoissée, si bien que je me trouve fondamentalement inculte. J’occupe donc mon temps libre à engranger des connaissances – dévorant livres, documentaires et films jusqu’à l’overdose. J’y prends grandement plaisir. Nonobstant, je suis bien plus nerd à lunettes que l’on ne se l’imagine – ce qui fait de moi, notamment depuis l’arrivée de Diva, une vieille fille à chat.

J’ai donc cru mourir, lorsqu’un soir d’errance, il m’attira contre lui pour m’embrasser à pleine bouche et me murmurer : « T’es tellement belle, tellement intelligente… C’est impossible que tu puisses t’intéresser à un vieux mec comme moi. » Dans le noir, il ne m’a pas vue rougir jusqu’aux oreilles. S’il savait ! C’est plutôt moi qui m’interrogeais : « Comment se peut-il qu’il puisse s’intéresser à c’te vieille meuf à chat ? » Mon chat. Que j’avais laissée seule. Bien qu’il n’y ait pas à s’inquiéter, je me fais toujours du souci pour elle lorsque je l’abandonne plus longtemps que je ne le devrais. J’ai peur qu’elle m’en veuille. Ou qu’elle se fasse mal et qu’il n’y ait personne pour la sauver… Oh mon Dieu, ça y est. J’ai viré comme Angela dans The Office.

Quoi qu’il en soit, ce jour-là, j’ai cru nager en pleine romance hollywoodienne. Je n’en revenais pas… Que tout ceci soit possible. Toutefois, la vie n’est pas une romcom pour adolescente avec Drew Barrymore à l’intérieur – #CollegeAttitude. Et forcément, la gueule de bois du lendemain précipita l’arrivée du générique et du mot « fin ». Il m’avoua qu’il serait plus sain et plus sage que nous restions bons copains. Au fond de moi, je savais que nous aboutirions à cet épilogue. Je savais aussi qu’il n’avait pas forcément tort et que cette option demeurait la plus raisonnable. Je ne suis pas Drew Barrymore. Personne ne se serait présenté à mon rendez-vous sur le terrain de baseball. Parce que personne n’ose de telles déclarations dans la vraie vie. C’est bien ainsi. Je ne lui en ai donc pas voulu, malgré mon pincement au cœur.

Le soir même, je retrouvais mon chat que j’attrapais aussitôt dans mes bras. Elle m’avait tant manquée. Je m’en voulais… et je me fais la même réflexion à chaque fois que je la laisse. Une réflexion de vieille fille devant l’éternel. Comme un fait exprès, j’ai reçu un message dans la foulée. C’était une ancienne connaissance, un camarade de fac. Lui, avait longtemps été mon crush secret. Il s’avérait typiquement de ce genre qui me trouve bonne camarade, mais pas davantage. Le voilà qui m’écrivait : « Tu vas trouver ça dingue, mais j’ai appris que tu étais revenue à Lyon… J’ai toujours eu un faible pour toi, je n’ai jamais su te le dire. Donc, bon. Si jamais, j’ai toujours le même numéro. » J’ai soupiré en levant les yeux au ciel. Message supprimé. Parce que bon… La vie n’est décidément pas une comédie romantique.

Not like everything I do depends on you,

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