Freaking horror fan 1/2 : L’Enfant du cauchemar

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Vous n’êtes pas sans ignorer que j’aime passionnément le cinéma d’horreur. Récemment résolue à une introspection, je me suis interrogée sur les origines de cette grande histoire d’amour. À la façon d’une sage d’épouvante, je vous livre mon premier épisode.

J’ai de nombreuses passions dans la vie. J’aime l’aérobic, le yoga, la cuisine et donner de la voix. J’aime aussi et surtout écrire à propos de tout ça. Néanmoins, depuis l’enfance subsiste une constante. Je reste fascinée par les goules, les vampires, les tueurs masqués, le monstre sous ton lit, les savants fous et les trucs bizarres en règle générale. Cela ne me vient aucunement du contexte familial. En effet, mon père se distingue par sa passion très prononcée pour la musique funk et l’automobile vintage. Ma mère, quant à elle, se révèle plutôt cinéphile. On tient peut-être un truc là. Qui s’effondre aussitôt lorsqu’on l’entend parler des Vendredi 13 : « Je ne comprendrais jamais ta proportion à t’enjailler à la vue d’un mec qui meurt à chaque fois, puis qui ressuscite. » Vraiment, je suis un genre d’outsider familial.

L’apprentie sorcière

Petite fille, j’avais déjà une appétence particulière pour tout ce qui relève quelque peu de l’occulte… passé à la moulinette de la pop culture. J’aimais particulièrement les dessins animés Scooby Doo et Docteur Globule. Ma première grande passion fut cependant Sabrina l’apprentie sorcière. J’ai dévoré les novellisations moisies et j’avais même réuni de l’argent de poche pour m’offrir Les secrets de Sabrina – un magazine des éditions Hachette où l’on recevait un vanity, puis un produit de beauté magique à chaque numéro. Ma plus grande frustration d’enfant fut de ne pas avoir reçu la peluche Salem-qui-bouge-et-qui-parle. J’en suis, encore aujourd’hui, complètement malade.

Néanmoins, tout a véritablement commencé par un épisode de Fais-moi peur. C’était l’histoire d’un gamin nouvellement installé, qui découvrait que sa cave pouvait exaucer les souhaits. Il en émanait une musique et une lumière étranges. Petit à petit, il fomentait un plan pour y enfermer le garçon qui le harcelait à l’école. On entendait alors le pauvre petit hurler à la mort… et fin de l’épisode. J’étais terrorisée, je n’en ai pas dormi pendant des nuits entières, planquée sous ma couette avec une lampe de poche. De ce fait, mes parents m’ont fermement interdit ce programme télévisé. Plus agacés par mes nuits blanches que par mes craintes réelles, cependant. Or, je dois être légèrement masochiste. Puisque j’ai A-DO-RÉ ça.

Animation et lectures des Enfers

C’en est suivi une fascination grandissante. Plus ça faisait peur, moins je dormais, et plus j’aimais ça. J’ai dû voir effectivement tous les Fais-moi peur et aussi l’animé Crypteshow, adapté des Contes de la crypte. Je me souviens notamment d’un épisode vaguement inspiré de Christine où un type, complètement obsédé par sa voiture, bâtissait un garage inviolable pour ne pas qu’on la lui vole. Avec des dizaines de cadenas, des codes secrets et un système de sécurité. C’était totalement débile, mais lorsqu’à la fin, il découvrait le garage vide avec un tout petit papier où il était écrit « Nous l’avons PRISE », j’ai eu si peur que j’ai bien cru que j’allais faire un arrêt cardiaque.

Dès que j’ai su lire, j’ai rué dans les brancards à la bibliothèque de l’école pour emprunter l’intégralité des Chair de poule. Ma mère n’en pouvait plus de me voir planquée sous les draps. Si bien qu’un jour, arrivée devant la dame de la bibliothèque, mon petit R.L Stine serré contre mon cœur, je me suis entendue dire : « Ta maman aimerait que tu lises autre chose, cette semaine. T’aimes aussi Boule & Bill, non ? » J’adore Boule & Bill. Mais mes parents m’achetaient des Boule & Bill et des Lucky Luke à chaque fois qu’on allait à la Fnac. Tout l’intérêt de la bibliothèque, c’était de pouvoir lire les choses que papa et maman ne voulaient pas que je lise. Je suis revenue vers elle, un exemplaire de Passepeur dans les bras. Elle a secoué la tête : « Un truc qui fait pas peur. » J’ai répondu : « Passepeur, c’est drôle. C’est les Chair de poule qui font peur, d’abord ! »

A brief King introduction

J’ai rapidement appris que les histoires de fantômes sur la plage et de parcs d’attraction hantés, ça ne valait pas un kopeck par rapport à… un Stephen King. Je devais avoir 10 ou 11 ans quand mon père a bien voulu m’acheter Ça. Je crois qu’il ne savait pas trop ce que c’était, juste que c’était une histoire de clown qui fait peur et que le film avait traumatisé pas mal de monde. Et que bon, la gamine aime avoir peur, qu’est-ce qu’on peut bien y faire ? Ou il n’a simplement pas fait très attention – c’est une constante chez mon père. J’étais encore en maternelle quand il m’a plantée devant In bed with Madonna et qu’il est devenu rouge pivoine quand je lui ai demandé ce que trafiquait la dame en train de mimer des choses équivoques sur scène – mais ça, c’est une autre histoire. Cela dit, mon père est un malin et un passeur de culture. Je l’ai toujours soupçonné d’avoir fait exprès. Quoi qu’il en soit, je savais que je n’avais rien à faire avec ce bouquin. Je l’ai donc planqué du regard de ma mère.

Je n’ai pas tout compris – ce n’est pas exactement l’œuvre la plus accessible de King – mais je me suis accrochée et j’ai découvert un univers qui dépassait tout ce que je connaissais alors. C’en est devenu un roman très cher à mon cœur. J’ai très mal vécu qu’une copine ne me l’ait jamais rendu. D’autant que je n’ai plus eu accès à la bibliographie de Stephen King jusqu’à mon adolescence, où je n’en ai pas dévoré tant que ça, finalement. Juste quelques classiques, de Carrie à Shinning, en passant par Simetierre. Et je vous avoue à demi-mots que j’aime beaucoup Rose Madder. Outre mon amour secret pour Ça, gamine, j’ai aussi eu un rapport de facisnation-répulsion à la Trilogie du samedi sur M6.

Trilogie du samedi & Vidéo club

Comme l’illustre l’exemple de mon père, mes parents ont toujours été quelque peu paradoxaux dans leurs principes d’éducation. Je n’avais pas le droit, puis bon, finalement… De toute façon, elle est insomniaque. Alors, un peu plus ou un peu moins, qu’est-ce ça va bien changer ? Du coup, me voilà, recroquevillée en boule par terre dans un épais sac de couchage, au pied du couple parental, terrorisée par les premiers épisodes d’X-files. Particulièrement les premiers, quand la série n’était pas encore feuilletonnante, que ça grouillait de monstres et d’autres trucs bizarres. J’étais carrément fan. La 6, c’était aussi Les Contes de la crypte – la série, cette fois. Je la regardais l’été, avec ma marraine, quand mon oncle travaillait de nuit et que ma petite cousine était déjà couchée. Ça faisait beaucoup moins peur, mais c’était absolument fabuleux.

J’aimais particulièrement l’esthétique de la série. Ma petite tête de moineau trouvait ça beau. Les fringues et les lofts new-yorkais, les ambiances poisseuses et glauques, que je ne savais pas encore issues d’un comics que j’allais aduler une fois adulte. J’ai aussi un vague souvenir du feuilleton d’anthologie Freddy, le cauchemar de vos nuits. Celui-ci me vient de la meilleure amie de ma mère, qui travaillait dans un vidéo-club. Son compagnon de l’époque, le père de ma cousine de cœur, aimait particulièrement les films d’horreur. Et je crois me souvenir qu’elle lui avait ramené des cassettes qui compilaient des épisodes de ce programme. Lui, un peu comme mon père, ne faisait pas non plus très attention à ce que les gamines que nous étions ingurgitaient comme informations. Il s’était installé sur le canapé une après-midi. On jouait juste derrière. J’ai fait mine d’aider ma cousine à terminer son puzzle. En réalité, je n’en ai pas raté une miette.

Long héritage

Ma passion pour l’horrifique n’est finalement pas tant née par accident. Il me semble, certes, avoir une appétence plus ou moins innée pour la chose. Nonobstant, je ne suis pas tant l’outsider familial que j’imaginais. En effet, mon entourage a grandement contribué à m’en donner les clés. Ma mère aimait X-files, ma marraine Les Contes de la crypte, mon oncle lointain, tout ce qui se rattachait à Freddy. Les héritages sont plus complexes qu’il n’y parait et le mien est effectivement multiple. Depuis, j’ai grandi. Et de ce que l’enfance a fait germer en moi, mon adolescence s’est foncièrement nourrie. Néanmoins, ce sont véritablement mes années d’études qui ont achevé de voir grandir cette passion en moi. J’ai passé des nuits entières à regarder les classiques. Seule, dans un petit appartement de 10 mètres carrés, sur un site de streaming illégal. Toutefois, il me semble que cette diatribe est déjà trop longue. Peut-être vaudrait-il mieux, comme dans toute bonne saga, prévoir un second épisode. Plus fort et plus grand. Peut-être moins bon. L’avenir nous le dira.

À la semaine prochaine,

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