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Du savoir-vivre des spectateurs de films d’horreur en salles

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Un grand nombre de films d’horreur ne sont que peu, voire pas distribués en salles en raison du caractère incontrôlable de leur public… Un triste constat bien réel.

Il subsiste une étrange constance dans les salles où sont diffusés des films d’horreur… Le chahut. Un chahut monstre. Au-delà même des cris, des rires bruyants et des discussions à voix haute, les cinémas déplorent des dégradations. Nous sommes nombreux à avoir entendu l’anecdote du petit con qui s’est amusé à déféquer entre les sièges durant une séance de Conjuring. Ce bordel immonde pousse, encore et toujours, les salles à prendre des dispositions radicales.

En 2012 déjà, nombreux ont été les multiplexes à déprogrammer les projections de Sinister à la suite de l’exploitation désastreuse de Paranormal Activity 4. Puis, en 2014, c’est au tour d’Annabelle de subir l’annulation après des fauteuils arrachés, des crachats et des jets d’urine dénombrés au cours des premières séances. Plus récemment, en 2016, des projections de Conjuring 2 ont été le théâtre d’altercations violentes entre spectateurs bruyants et d’autres réclamant le silence.

Défouloirs

En raison de ces tristes phénomènes, les films d’horreur voient leur exploitation réduite à peau de chagrin. Peu de séances, bien souvent tardives. À l’exception de quelques blockbusters horrifiques comme Conjuring 3, dont les salles ne peuvent se priver de l’audience, compte-tenu du contexte post-Covid. Quoi qu’il en soit, nous, pauvres âmes amatrices du genre, devons nous accommoder des débordements adolescents lors des diffusions en salles.

Les cinémas sont effectivement devenus un lieu de défoulement pour le jeune public, friand de films d’horreur. Je me souviens particulièrement d’une séance de Dans le noir de David F. Sandberg en 2016… J’avais, assise devant moi, une demoiselle qui commentait absolument toutes les actions à l’écran. Pour ajouter aux conditions de visionnage désagréables, un attroupement d’adolescents s’est mis à semer la zizanie quelques mètres plus loin. Si bien que le projectionniste a mis le film sur pause pour venir les calmer. Deux fois.

La débâcle

Dernièrement, j’ai craint pour ma sécurité lors d’une projection d’Halloween Kills. D’une part, l’ensemble des spectateurs – et je précise bien « l’ensemble » – ne cessait de pianoter sur leurs téléphones respectifs. Or, rien ne m’agace plus que d’être distraite par un faisceau lumineux dans l’obscurité de la salle. Non seulement, cela détourne l’attention de l’écran, mais ces lumières parasites sont également propices à la migraine oculaire. L’envie me submerge souvent de naviguer entre les allées, armée d’une batte, pour fracasser les terminaux téléphoniques des impudents. Et de rire à gorge déployée en constatant leur détresse.

D’autre part, si cette projection ne fut pas aussi bordélique que celle de Dans le noir, le public ne se révélait tout de même d’aucune gêne. Outre le couple assis derrière moi, qui parlait bruyamment et me collait leurs pieds dans le dos, les discussions allaient bon train… en particulier à ma droite. À quelques sièges de là, deux jeunes adultes tenaient séance. Sans jamais lever les yeux vers le film, ils discutaient et riaient gaiement, comme on l’eut fait au comptoir. Et ce, smartphones en main, bien évidemment. Mes regards insistants n’obtenant aucun résultat, je l’ai fait. J’ai osé. Je me suis tannée d’un « chuuuut » dans leur direction.

Violence, tristesse & incompréhension

Ce à quoi, j’obtins en réponse insultes et menaces : « Redis-moi ‘chut’ salope et je te saigne à la sortie. » Je suis une nana à peu près musclée de plus d’un mètre 70. Il n’empêche que, face à la violence du propos, je n’en menais pas large. Un chevalier servant assis deux mètres plus loin se leva, tout en taille et en largeur, pour répondre : « T’as pas honte, toi, de parler comme ça à une p’tite meuf ? Tu la touches, c’est moi qui t’retrouves à la sortie. » Chuis pas une p’tite meuf. Nonobstant, je n’ai rien dit. Car tout ce qui m’importait était de ne pas perturber davantage la séance. Je regrettais aussi que le héros se soit concentré sur ma personne, au lieu de réclamer le silence pendant le film. Visiblement, ça n’importe que peu.

Le fait est que je ne comprends pas. Le cinéma n’est pas gratuit. Il se révèle même plutôt cher, compte-tenu du revenu français moyen. Je dois vieillir, virer boomer. Il n’empêche que je ne parviens pas à me figurer qu’on puisse dépenser 15 balles pour ne pas profiter du spectacle et pourrir la séance des autres. Par ailleurs, je suis attristée. Car l’horreur, mon genre de prédilection, conserve une déplorable réputation de divertissement pour adolescents débiles en mal de sensations. Or, je veux croire qu’il existe des gamins qui, comme moi à leurs âges, apprécient de frissonner au prochain jumpscare et savent encore jouer le jeu de la salle. Non, je n’en doute pas. En réalité, j’en suis certaine. Et ils sont mon espoir en l’avenir d’un certain cinéma.

Soyez cool, respectez-nous,

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