Je déteste finir une série ou regarder le dernier film d’une saga. Voir la fin me rend invariablement triste. Peu importe la teneur de la conclusion.

Les cycles qui s’achèvent, le changement. Tout ceci m’a toujours profondément angoissée. Même si parfois, elles sont nécessaires, je tiens les fins et les transitions en horreur. Tant dans la vie que dans la fiction. J’ai, par exemple, extrêmement mal vécu la période du collège. Toutefois, arrivée au dernier trimestre de mon année de 3e, je pestais et crachais à la moindre évocation du lycée. Quant à la fiction, je préfère éluder…

Chagrin de Poudlard

Qu’ils s’agisse de séries, de grandes sagas de cinéma ou de littérature, voir la fin m’attriste. Parce que, s’il m’a séduite, je m’attache viscéralement à l’univers déployé sous mes yeux. Je tisse un lien avec les personnages, ils traversent ma vie et m’accompagnent sur une période plus ou moins longue. Je sais, bien sûr, pertinemment qu’ils n’existent pas. Mais, quelque part, Marshall et Lily sont mes amis, Rupert Giles, une figure paternelle, et Ally Mc Beal, mon reflet fantasmé.

Ne me spoilez JAMAIS la fin d’Ally Mc Beal

En parlant d’Ally Mc Beal d’ailleurs, je n’en ai jamais vu la fin. Parce que je sais qu’elle va me laisser un goût amer et me rendre triste. Dans ces cas de figure, je suis effectivement capable de pleurer des heures durant. Et ce, même si l’œuvre s’achève sur un happy end. Mon premier traumatisme remonte à la fin de la saga Harry Potter. Quand le générique a commencé à défiler sur l’écran au cinéma, j’ai éclaté en sanglots. Ce fut sensiblement douloureux.

Never again

Parce que, quoi qu’on en pense, la deuxième partie des Reliques de la mort marque la fin d’une époque. J’avais 7 ans lorsque j’ai lu le premier tome de la saga, j’en avais 15 lorsque le dernier roman est paru. J’ai attendu, j’ai fait la queue devant les librairies pendant dix longues années. J’ai connu cet immense phénomène populaire. Et je n’en connaitrais plus de pareils. Le deuxième film des Reliques de la mort a achevé définitivement le cycle. J’avais 19 ans. Mon enfance est morte ce jour-là.

Rien que de voir cette image, je chiale.

À propos de la nostalgie, j’ai entendu une fois Thierry Ardisson parler d’une sensation de « never again ». Il mettait en exergue, non pas cet adage selon lequel « c’était mieux avant », mais l’idée qu’en réalité, on regrette ce que l’on ne pourra plus jamais revivre. Je me trouve particulièrement en accord avec cette impression. Et c’est pourquoi je pleure à la fin de séries aussi désuètes que Parker Lewis ne perd jamais. Je pleure leur mort, oui, mais aussi la fin de quelque chose dont elles ont été le catalyseur.

Au revoir, Sean… Adieu Christian…

C’est au point que j’éprouve des difficultés à accepter que le récit s’achève. Ainsi donc, il m’a fallu presque quatre ans avant de voir la fin de Nip/Tuck. Mon entourage en fut particulièrement surpris, car j’en étais éperdument fan et qu’il m’arrivait fréquemment d’en rabattre les oreilles de tout le monde. Nip/Tuck fut, pour moi, une révolution. Je n’avais jamais vu autant de sexe et de violence montrés aussi crument à l’écran. Avec pourtant, une démarche artistique significative.

Cette série fut, pour moi, un déclencheur. Elle m’a permis de comprendre que les histoires que l’on raconte au cinéma ou à la télévision ont une grammaire propre et qu’elle sert le récit. Ce constat m’a fascinée et est peut-être à l’origine de mon attrait pour la chose. Je suis donc doublement attachée à Nip/Tuck. D’une part, parce que j’ai vécu le phénomène de jamais-vu et d’euphorie qu’elle a engendré dans ses premières saisons. Et d’autre part, parce qu’il a eu une résonnance particulière en moi.

Season finale

La fin de Nip/Tuck a donc été éminemment dramatique pour moi. D’autant plus qu’elle est cruellement réussie. Et c’est pour cette raison que j’en avais retardé l’échéance. Dernièrement, je n’ai pas eu cette sagesse. J’ai craqué. Et j’ai regardé la saison finale de Brooklyn Nine-Nine. Ce fut un déchirement. Là encore, parce qu’en 8 saisons, cette série m’a accompagnée une partie de ma vie. Une partie parfois sombre, où elle m’a souvent permise de retrouver le sourire.

L’algorithme m’a ensuite laissée m’apercevoir que je n’avais pas encore terminé The Chilling Adventures of Sabrina… Et si, après tout, la laisser en suspens n’était pas si grave ? Est-ce que le déni n’est pas plus confortable ? Puis, parce que c’est un au revoir, n’est-il pas préférable d’en retarder l’échéance ? Je n’aime pas les adieux, c’est ainsi. Il fallait conclure How I met your mother. Parce qu’elle commençait à tourner en rond. Or, fallait-il réellement voir la fin ? Je ne crois pas. Et je préfère ne jamais m’y résoudre.

No you don’t, but thanks for saying it. Now go. I wanna see how it ends (tmtc),

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One Reply to “Voir la fin”

  1. J’ai toujours la même impression également en terminant une série : une tristesse de quitter un univers, un environnement particulier dans lequel on pénètre au fur et à mesure des épisodes, et des personnages. Quant à Ardisson : j’adhère à ce qu’il énonce dans l’extrait que vous citez. .
    Bon dimanche
    John

    Aimé par 1 personne

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