Aimer, c’est souffrir. Et la rupture est toujours cruelle. C’est le propre de toutes les chansons, comme des romans d’amour et des films sentimentaux… Et pourtant, dans la vie comme dans la fiction, on y replonge inlassablement.

Lorsqu’il est question de rompre, films et séries déploient des trésors de dramaturgie. La douleur tranchante de la séparation tient toujours quelque chose de théâtral. Et, en effet… Des ruptures, il en est des cruelles, comme Valmont qui assène « Ce n’est pas ma faute » à Mme de Tourvel. Des contraintes, comme Lady Gaga qui chante en mémoire de Bradley Cooper I’ll never love again. Des réfléchies. Comme celle de Morosky et Hubbel dans Nos plus belles années« See you, Katie » : ces trois simples mots ont déchiré mon cœur d’adolescente et continuent, aujourd’hui encore, d’humecter mes cils imbibés de Roller lash – mon mascara Benefit.

We belong together

De fait, il n’est rien de plus déchirant qu’une rupture amoureuse. L’être humain n’est jamais plus vulnérable et pathétique que lors d’une rupture. « Je ne t’aime plus, c’est la chute libre. Sans préavis, sans soins et sans parachute », disait Vincent Dedienne dans son spectacle S’il se passe quelque chose. Je crois que c’est vrai. Je n’ai jamais rien ressenti de pire quand, au téléphone, un jour, il m’a dit : « On s’est éloignés, tu sais, Lily… » Mes jambes se sont dérobées, le souffle m’est venu à manquer. Mon monde venait de s’effondrer, en ruines à mes pieds.

Pourtant, j’ai raccroché et j’ai fait comme si de rien n’était. Affichant un sourire crispé devant mes collègues de bureau. Car rompre, c’est traverser la vie sans en être dans une colère sourde. La colère. Puisqu’il est aussi question d’ego. « Pourquoi tu ne m’aimes pas, Jenny ? » Forrest pourrait déplacer des montagnes pour elle. Il a beau le lui démontrer, elle feint toujours l’indifférence. Une part de sa douleur tient évidemment de l’ego. Je suis tout ce dont tu as besoin, alors « Pourquoi tu ne m’aimes pas ? » Celle-ci, il en est tant à qui j’aurais voulu la crier, la hurler. Sous la pluie, en tombant à genoux sur le trottoir… Comme dans la plus mauvaise des comédies romantiques.

Who needs a heart when a heart can be broken ?

Pourtant, le temps guérit de toutes les ruptures et de toutes les déceptions. Au point qu’à se revoir dans l’état où elles nous avaient laissés, on en arrive à se trouver ridicules. Un peu comme la fois où, après avoir quitté cet être qui ne me faisait aucun bien, j’ai posté trois stories larmoyantes sur Instagram. Sur fond de Butterfly, par Mariah Carey. Mon pathétisme était toutefois proportionnel à la rancœur et au chagrin que je ressentais alors. Un mal tel que beaucoup préféreraient précipiter l’oubli. Un peu comme Jim Carrey souhaite effacer tous les moments heureux dans Eternal sunshine of the spotless mind. Alors que, dans le fond, ce qui nous a unis, nous a aussi construits.

« C’est peut-être cela qu’on cherche à travers la vie, rien que cela, le plus grand chagrin possible pour devenir soi-même avant de mourir », écrivait Céline. Se consoler en espérant mieux, puis en renouvelant le crime. Encore et encore. Pour peut-être trouver – un jour, qui sait ? – la Sally de son Harry ou le Nino de sa Amélie. Certains ont toutefois le cœur qui flétrit. Et ils ne peuvent plus en souffrir davantage. C’est peut-être mon cas, je ne sais pas bien. Parce que je m’émeus encore d’un regard posé sur mon visage ou d’une bête attention portée à mon égard – sans même une arrière-pensée au demeurant. Et je crois que, tant que je chérirais cette sensation dans mon cœur épris, je ne serais pas encore tout à fait aigrie.

Joyeuse Saint-Valentin,

signature

One Reply to “Rupture sentimentale”

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

%d blogueurs aiment cette page :