Le Péril blonde s’achève ici. Il me reste en mémoire des heures de travail, d’obstination et surtout d’échanges, tous enrichissants.

Le 4 avril 2016, le scandale des Panama papers faisait rage. Le mouvement Nuit Debout occupait pour la cinquième fois consécutive la Place de la République à Paris. Renaud démentait vouloir voter Fillon aux Présidentielles de 2017. Les organisations de jeunes manifestaient contre le projet de loi Travail. Et moi, petite aspirante journaliste sans avenir, je créais un blog absolument désuet, intitulé Girlyttude. Bien que j’eusse classé mon ouvrage dans la catégorie « Beauté », je publiais un premier article titré : « Barbie, féministe malgré elle« . Cet article, à le relire aujourd’hui, j’en meurs de honte, tant mon style s’y trouve mauvais…

6 ans plus tard, les choses ont bien changé. J’ignore si ma plume s’est réellement améliorée, mais Girlyttude ne ressemble plus du tout à ce qu’il était alors. Renommé Le Péril Blonde, je l’ai repensé et refaçonné tant de fois, qu’à présent, il ressemble à un patchwork un peu étrange de pop-culture et d’impressions personnelles. Pour tout vous dire, je l’aime. Mais à présent, il m’encombre un peu aussi. Parce que, dès ses premières heures, Le Péril blonde n’a jamais été qu’un exutoire. J’avais 24 ans et le métier de journaliste ne me procurait déjà que désillusions. Vous l’ignorez, mais cette profession, lorsque l’on n’est pas né dans le sérail, ce n’est que précarité et bas salaires.

J’avais des rêves. De papiers sur le cinéma, sur la musique, sur l’art. À la place, j’ai dû accepter les pires emplois, contre mes convictions et même, contre mon éthique journalistique. Certes, la vie ne nous mène pas toujours là où on le souhaite. Mais dans ma branche, on tombe souvent de très haut. Et l’on s’écrase au sol sur du béton armé. Le Péril blonde relevait de la survie. Je vis pour l’écriture, je ne sais rien faire d’autre. Donc, je me suis mise à écrire les articles que je ne pouvais pas écrire ailleurs, en ligne, sur un blog. Tant pis s’il n’avait aucune audience. J’étais simplement là pour évacuer mes frustrations.

Néanmoins, je suis restée optimiste. Ce blog me permettait de disposer d’un support pour m’exprimer sur les sujets qui me tenaient à cœur. Et ce, le temps de trouver un emploi qui correspondrait enfin à mes aspirations. Jamais je n’aurais pensé qu’il m’ouvrirait des portes. Il y eut Victor, d’abord. Qui y décela cette passion marquée pour l’horreur et le cinéma de genre. L’occasion, pour moi, d’aider à la création de supports sur le sujet. Et Aurélien, ensuite. Que je ne remercierais jamais assez de m’avoir invitée à contribuer au Blog du cinéma – juste après la lecture de cette chronique sur Wes Craven.

Grâce à ce blog, de nouveaux projets se dessinent pour moi. Autour d’une passion qui m’anime depuis de nombreuses années. Mes « films d’horreur pourris », comme disaient des personnes que, Dieu merci, j’ai depuis chassées de ma vie. Je dois tout au Péril blonde, et surtout, aux gens qui l’ont lu. Ce n’était peut-être pas grand-monde, mais vous avez fait une différence.

Je pense à Pandora, aux longues discussions que nous avons pu avoir et à son ton si libre… Elle fait partie de celles qui m’ont autorisée à ne plus m’excuser pour ce que j’étais. Je pense à Lilie, qui ne cessait de clamer sur tous les toits qu’elle adorait mes écrits. Je pense à ma copine Gwen, ravie de devenir l’un de mes personnages récurrents pendant le confinement. Je pense à Lorine, tombée ici dans de mauvaises circonstances, qui aurait pu me détester, mais qui a choisi de m’apprécier au travers de ce que j’écrivais. Je pense à Agathe, que j’ai été jusqu’à rencontrer pour de vrai. C’est si agréable de mener discussion avec quelqu’un d’aussi cultivé et curieux qu’elle. Merci pour le t-shirt de Hole – je ne pourrais jamais m’en séparer.

Croyez-moi, la décision fut douloureuse à prendre. J’écris la larme à l’œil. Malheureusement, je dois être honnête avec moi-même et avec ceux qui continuent de me lire ici. Le Péril blonde n’a plus lieu d’être. Même si je ne travaille pas entièrement là où j’en ai rêvé, j’ai atteint mon objectif. Je n’ai plus besoin d’évacuer ces frustrations comme par le passé. De plus, j’ai cessé d’être malheureuse. Professionnellement, comme personnellement, je me trouve désormais là où j’ai toujours voulu être. Le Péril blonde me réconfortait des difficultés sur mon chemin. Elles sont désormais derrière moi. Ou, du moins, cette fois, j’ose vraiment y croire.

Bien sûr que j’éprouve toujours du plaisir à écrire ici. Cependant, l’inspiration s’amenuise et le temps que j’y consacre, je ne l’investis pas dans tous ces projets qui me tiennent à cœur. Je voudrais recommencer à écrire de la fiction, lancer de nouveaux formats avec Le Blog du cinéma, sur Instagram… Je ne trouve pas le temps. Parce que je fais vivre un blog qui, je le répète, n’a plus réellement lieu d’être. Bien que cela me bouleverse, le Péril blonde doit se clore. Ainsi donc, j’arrête dès aujourd’hui de le mettre à jour et, en août prochain, je ne renouvellerais pas l’abonnement WordPress. J’ignore ce qu’il adviendra des articles restants en ligne. J’espère qu’ils resteront accessibles… Je préfère ne pas y penser.

Ce fut six années riches en expérience, en rencontres textuelles. Six années de contenus scrupuleusement rédigés toutes les semaines. Des heures de travail, de rires, de rage et de larmes. J’en suis fière et heureuse de m’y être tenue. À présent, j’engage la même énergie ailleurs et, je l’espère, pour autant de bonheur.

Adieu le Péril, je t’aime à jamais,

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4 Replies to “Épilogue”

  1. Je suis si heureuse de savoir que tout va bien pour toi dans tous les domaines, bois donc une vodka cranberry en pensant à moi et si tu viens à Paris fais-moi signe surtout ! J’ai adoré ton blog dans lequel je me retrouvais enfin, merci pour ces 6 ans. Bravo pour tout ce chemin 💕

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  2. Merci beaucoup, et à la tienne 🥂
    Toujours un bonheur de te voir apparaître et disparaître au gré de tes envies 🙂 mais surtout de te lire ! J’aime beaucoup ce nouveau format d’impressions littéraires – je n’ai pas eu l’occasion de te le dire. Tu fais aussi partie de ses rares blogueuses à qui j’ai pu m’identifier (non, la seule en fait). Je continuerais à passer en catimini et l’invitation est réciproque si tu passes par Lyon ! Que du bonheur à toi et tous tes chats, présents et futurs ! 💜

    Aimé par 1 personne

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